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justicevia Sud Ouest··3 min de lecture

Assassinat Samuel Paty : le ministre de l’Éducation saisit le bâtonnier de Paris après les propos d’un avocat de la Défense concernant l’enseignant

Personnalités citées :Édouard GeffrayAbdelhakim SefriouiFrancis VuilleminLouis DegosVincent Brengarth
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Le contexte

L'assassinat de Samuel Paty en 2020 a suscité un large débat en France sur la liberté d'expression et la sécurité des enseignants. Abdelhakim Sefrioui, prédicateur impliqué dans l'affaire, a été condamné pour son rôle dans la préparation de l'infraction terroriste. Le procès de Sefrioui a relancé des discussions sur la déontologie des avocats et le respect de la mémoire de la victime.

Ce qu'il faut retenir

Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a décidé de saisir le bâtonnier de Paris concernant les déclarations de l'avocat de Sefrioui, qui a accusé Samuel Paty de discrimination. Geffray considère ces propos comme un manquement à la déontologie. L'avocat, Francis Vuillemin, défend ses déclarations comme étant dans le cadre de ses droits de défense et critique l'intervention du ministre.

Ce que ça change

Cette saisine pourrait avoir des implications sur la déontologie des avocats et sur la perception publique des discours entourant l'affaire Samuel Paty. Elle soulève également des questions sur la séparation des pouvoirs entre le judiciaire et l'exécutif, et pourrait influencer le débat sur la responsabilité de l'État dans les événements ayant conduit à l'assassinat.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Édouard Geffray conteste les déclarations de l’avocat du prédicateur Abdelhakim Sefrioui concernant le professeur assassiné, estimant qu’elles constituent un manquement à la déontologie

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé vendredi 22 mai sur RMC saisir le bâtonnier de l’Ordre des avocats du barreau de Paris pour déterminer si l’avocat du prédicateur Abdelhakim Sefrioui, M e Francis Vuillemin, avait failli à la déontologie en « salissant » la mémoire de Samuel Paty .

« Il y a un tabou, on n’a pas le droit de le dire. (Samuel Paty) procédait à la discrimination des élèves musulmans », avait déclaré l’avocat à la presse, avant l’ouverture le 26 janvier du procès sur l’assassinat en 2020 du professeur d’histoire-géographie, près de son collège des Yvelines, par un djihadiste tchétchène qui avait été abattu par la police qu’il menaçait. Cette déclaration avait suscité un tollé.

Ces propos sont un manquement déontologique au « devoir de délicatesse et de courtoisie, de mémoire, de modération » et ont été tenus « à l’extérieur du prétoire », a dénoncé Édouard Geffray, qui a indiqué avoir « souhaité saisir le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris ».

En cas de saisine, « le ministère serait informé des suites données à cette réclamation », a réagi auprès de l’Ordre, suggérant qu’elle n’était pas encore intervenue. Si cela devait être le cas, elle donnera lieu « à l’ouverture d’un dossier au sein (des) commissions déontologiques » de l’Ordre et fera « l’objet d’un examen attentif », selon les services du bâtonnier.

Abdelhakim Sefrioui avait été condamné début mars à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises spéciale d’appel de Paris pour avoir « préparé » les conditions « d’une infraction terroriste » en menant une cabale conclue par l’assassinat de Samuel Paty, même s’il n’avait jamais été en contact avec l’assassin et n’avait pas eu connaissance de son projet criminel. Il s’est pourvu en cassation, sa défense estimant que sa condamnation marquait une extension inédite et excessive de l’association de malfaiteurs terroriste.

Au moment du procès, « le bâtonnier Louis Degos a déclaré publiquement ne voir aucune infraction. Ma sérénité est impériale », a de son côté réagi M e Vuillemin. « C’est un pauvre coup de « com » du ministre qui connaît le dossier et sait autant que moi combien le cours de Samuel Paty était bancal et discriminant », a insisté M e Vuillemin.

L’Ordre « sait parfaitement que mes déclarations, appuyées par un dossier, s’inscrivaient dans le strict exercice des droits de la défense, même hors prétoire », selon l’avocat qui a aussi dénoncé « un empiètement du ministre sur le judiciaire et une atteinte à la séparation des pouvoirs, l’affaire n’étant pas définitivement jugée puisqu’il y a un pourvoi en cassation ».

Édouard Geffray a également jugé « d’intérêt public » le film « L’Abandon » sur les dix jours précédant l’assassinat , même s’il ne fallait pas « obliger les professeurs à le voir, ni les élèves ». « C’est à chaque professeur de voir s’il le souhaite », a-t-il encore dit, ajoutant qu’un dossier pédagogique serait mis « à disposition (de ceux) qui le souhaiteraient ».

Un autre avocat d’Abdelhakim Sefrioui, M e Vincent Brengarth, a dénoncé « une démarche totalement opportuniste » du ministre, « intervenant en marge de la promotion d’un film, des mois après le procès ». « Difficile d’y voir autre chose qu’un contre-feu face à ce qui devrait être au centre de l’attention, soit le rôle de l’État » et sa responsabilité dans l’enchaînement des événements ayant précédé l’assassinat du professeur. M e Vuillemin a de son côté fustigé un « film révisionniste de propagande d’extrême droite ».

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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