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Ce rapport est censé fournir des matériaux pour alimenter le débat dans la perspective de l’élection présidentielle, notamment sur le sujet des retraites après la suspension de la précédente réforme.
À quoi va aboutir la conférence «Travail Emploi Retraites» ? La réponse, restée floue jusqu'ici, s'est précisée vendredi: les trois garants des discussions avec les partenaires sociaux devront rendre un document en septembre, avec un état des lieux des divergences et convergences et leur vision, a expliqué le ministre du Travail. Souhaitée par Sébastien Lecornu après l'annonce de la suspension de la réforme des retraites et lancée en décembre, cette conférence est censée fournir des matériaux pour alimenter le débat dans la perspective de l'élection présidentielle. Le Medef, principale organisation patronale, refuse d'y participer .
Vendredi, au cours d'une nouvelle séance, les participants habituellement répartis entre thématiques travail, emploi et retraite se sont mélangés autour de sujets transversaux: nouvelles formes d'emploi et transitions professionnelles, pénibilité et fins de carrière, ainsi que parcours professionnels, mobilité salariale et lutte contre les inégalités. Comme lors des journées précédentes, secteur privé et fonction publique étaient représentés. Trois autres rendez-vous sont prévus jusqu'à début juillet, dont une journée d'atelier uniquement sur les retraites, qui doit permettre d'évoquer notamment l'égalité femmes-hommes.
À l'issue de ces rencontres, les trois garants de la conférence, Jean-Denis Combrexelle, conseiller d'État honoraire et auteur d'un rapport en 2015 sur l'importance de la négociation collective dans les entreprises, Pierre Ferracci, fondateur d'un cabinet de conseil en relations sociales et Anne-Marie Couderc, ancienne ministre chargée de l'Emploi, rédigeront un document attendu en septembre, a expliqué le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. Il comprendra un état des lieux des convergences et divergences sur les différents sujets mais aussi la «vision» des trois garants.
«On a redit que les garants étaient complètement libres de leurs conclusions, il n'y avait aucun plan caché, aucun rapport pré-écrit» , a assuré Jean-Pierre Farandou à des journalistes. «Je n'ai pas envie d'écrire le énième rapport administratif sur ces questions qui sont essentielles» , a expliqué Jean-Denis Combrexelle, souhaitant un document lisible par n'importe quel citoyen. En tant que garant, «on ne doit rien à personne, (...) on a une marge de liberté vis-à-vis du gouvernement et aussi des partenaires sociaux» , a-t-il insisté.
Le ministre du Travail a également mis en avant vendredi trois thèmes dont les partenaires sociaux peuvent s'emparer dès à présent pour leur agenda autonome: les jeunes, l'intelligence artificielle et les arrêts maladie. À l'issue de la journée, Yvan Ricordeau de la CFDT a salué «la réunion la plus constructive depuis le début de la conférence» . «On voit se dessiner des enjeux sur les questions d'amélioration de taux d'emploi, de transition entre emploi et retraite et surtout sur une autre approche des questions de travail» , d'amélioration de la qualité du travail, a-t-il souligné. «Ce n'est pas une négociation, ce n'est pas le conclave pour aboutir à un accord» , résume pour sa part Denis Gravouil de la CGT, indiquant que son organisation est présente «pour défendre l'abrogation (de la réforme des retraites), les questions d'égalité femmes-hommes, l'augmentation des salaires, la lutte contre la précarité» .
