Le Garde des sceaux Gérald Darmanin est à Alger lundi pour une visite de 24 heures, signe que les deux pays tentent de renouer un dialogue qui était au point mort depuis l'été 2024. "Les prises de position de l'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, n'ont fait qu’ajouter de la défiance et provoquer des clashs", estime Hamid Arab, directeur et rédacteur en chef du site d’information en ligne Le matin d’Algérie.
Gérald Darmanin se rend en Algérie lundi 18 mai pour relancer la coopération sur les questions de sécurité et de justice. Un déplacement qui peut s'interpréter comme un signe supplémentaire de détente dans les relations franco-algériennes. En février 2026, la venue du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait permis la reprise progressive des expulsions d’Algériens en situation irrégulière. Et il y a dix jours, la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo était présente aux commémorations des massacres du 8 mai 1945 à Sétif. Depuis la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en juillet 2024, les relations entre la France et l'Algérie se sont fortement dégradées, une crise diplomatique attisée notamment par les arrestations de l'écrivain Boualem Sansal et du journaliste français Christophe Gleizes. "Il y a une volonté manifeste des deux parties à aller de l'avant et à rétablir la confiance", estime Hamid Arab, directeur et rédacteur en chef du site d’information en ligne Le matin d’Algérie .
franceinfo : comment interprétez-vous la visite de Gérald Darmanin ?
Hamid Arab : Il était temps que cette séquence s'ouvre entre les deux pays, que les canaux de communication soient enfin rouverts et que les échanges reprennent. Le dégel est là. Il y a une volonté manifeste des deux parties à aller de l'avant et à rétablir la confiance.
Je pense que c'est très important parce que les deux pays ont une histoire commune et des dossiers importants à discuter, pour l'Algérie comme pour la France.
Parmi ces dossiers, le cas du journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en juin 2025. Êtes-vous optimiste ?
Tout à fait. Christophe Gleizes a été arrêté pendant une période, qui a commencé fin juillet 2024, où les relations franco-algériennes étaient pourries. Boualem Sansal a bénéficié d'une grâce présidentielle. J’espère que Christophe Gleizes en bénéficiera aussi, comme les 200 détenus d'opinion - des journalistes, des universitaires, de simples citoyens - qui croupissent dans les prisons algériennes. Je pense que les autorités algériennes aimeraient bien résoudre ce dossier. À quelques semaines de la Coupe du monde de football, ce serait bien que Christophe Gleizes retrouve les siens.
Christophe Gleizes en Algérie : notre dossier
