À combien d’interlocuteurs l’a-t-il modestement affirmé ? "Je suis meilleur en campagne qu’ Édouard Philippe ", ne cesse de répéter Gabriel Attal depuis des semaines à tous ceux qu’il invite à l’écouter. Persuadé d’avoir sauvé son camp lors des législatives de 2024 en tant que Premier ministre démissionnaire, le voilà désormais convaincu qu’il peut dépasser son statut de challenger. Celui qui n’est pas encore officiellement candidat à l’Élysée a fait le ménage au sein de Renaissance pour mettre son parti, ses moyens (nombreux), ses militants (moins nombreux…), au service de son ascension, avec en premier point d’orgue un grand meeting le 30 mai prochain. Qui l'aime le suive. Et pour les autres ?
Dans les couloirs de l’Élysée, où la créature échappée au Créateur est toujours regardée de près autant que de travers, on parvient à saluer un atout de taille chez Gabriel Attal. Peut-être même le principal : son feu sacré. "Il est celui qui a le plus envie, il est prêt à tout. Et il s’est doté d’une équipe de collaborateurs très pros, très organisés, à son service matin, midi et soir", constate un conseiller d’Emmanuel Macron. Une équipe à son image : un mélange détonnant de rigueur et de contrôle, notamment de ce qui peut s’écrire et se lire dans la presse à propos de leur patron, avec un interventionnisme débridé. Sa détermination à toute épreuve, frôlant l’obsession, saute aux yeux de tous ceux, notamment à droite, qui l’ont croisé ces derniers mois.
