L’Insee a publié ce mercredi 13 mai les chiffres du taux de chômage au premier trimestre 2026. En hausse, il franchit la barre symbolique des 8 % et retrouve son plus haut niveau depuis 2021 dans un contexte économique déjà dégradé.
Une barre symbolique vient à nouveau d’être franchie. Alors que l’inflation est passée au-dessus des 2 % au mois d’avril, voilà que le taux de chômage a franchi les 8 % au premier trimestre de 2026, selon les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ce mercredi 13 mai. Ancienne préoccupation majeure des Français , le chômage retrouve ainsi son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2021 en s’établissant à 8,1 %.
Concrètement, le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) a augmenté de 68 000 par rapport au trimestre précédent, à 2,6 millions de personnes , soit une hausse relative de 0,2 point. En effet, cet indicateur avait déjà progressé fin 2025 dans le même ordre de grandeur si bien que le passage au-dessus des 8 % était attendu par les prévisionnistes. L’Insee note toutefois que son niveau « demeure nettement au-dessous de son pic de la mi-2015 (-2,4 points) » .
La hausse est marquée au sein de toutes les tranches d’âges, hormis celle des 15-24 ans. Dans le détail, la part de personnes sans emploi parmi les 25-49 ans progresse de 0,4 point et celle des plus de 50 ans de 0,1 point. Sur un an, c’est encore pire. Toutes les catégories subissent une dégradation, et dans des proportions plus importantes. Mauvaise nouvelle pour les Français mais aussi pour les finances publiques : « Une absence d’emplois, c’est aussi moins de cotisations sociales et donc moins de recettes pour l’Etat » , note Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à l’institut Rexecode.
Autre point important à noter : le « halo du chômage » est, lui, en baisse. Ce concept regroupe les individus souhaitant un emploi mais qui n’en recherchent pas activement ou sont indisponibles. Ils ne sont alors pas considérés comme chômeurs et n’entrent pas dans les statistiques. Leur nombre s’élève à 1,8 million au premier trimestre, une nette diminution vis-à-vis du précédent (-62 000 personnes).
Cette nouvelle sur le front de l’emploi est d’autant plus mauvaise qu’elle s’ajoute à un tableau déjà sombre pour l’économie française. Ce mercredi, l’Insee a également confirmé la poussée de l’inflation de 2,2 % en glissement annuel au mois d’avril. Un chiffre inédit depuis août 2024. Conséquence directe, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé ce mercredi matin sur Franceinfo que le smic augmentera « autour de 2,4 % dès le 1 er juin » , ce qui représente « 44 euros brut de plus par mois » pour les personnes concernées. La loi prévoit en effet que le salaire minimum soit relevé lorsque l’inflation dépasse les 2 % .
Sans oublier qu’au premier trimestre, avant même que les effets de la guerre au Moyen-Orient n’aient été pris en compte, la croissance a été nulle . « Nous sommes aux prémices d’une situation de stagflation, caractérisée par une activité terne et des prix qui augmentent » , alerte Anthony Morlet-Lavidalie, qui anticipe une croissance annuelle de 0,7 % pour l’année 2026, en deçà de la prévision du gouvernement de 0,9 révisée à la baisse en avril.
L’ensemble de ces indicateurs conjoncturels rendent les ménages particulièrement inquiets. Selon l’Insee, leur confiance ne s’est jamais autant dégradée d’un mois sur l’autre en avril depuis le début de la guerre en Ukraine , laissant présager un repli de leur consommation. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi prévu d’annoncer de nouvelles aides aux ménages face à la crise. Tout en se réservant la possibilité de geler 6 milliards d’euros de crédits afin de réduire le déficit à 5 % du PIB cette année. Un objectif qui semble, néanmoins, s’éloigner de plus en plus.
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