Face aux nombreuses questions liées à l'hantavirus, la crainte d'une nouvelle épidémie gagne les réseaux sociaux. En France, le gouvernement répète qu'il faut « briser la chaîne de contamination ». Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a demandé ce 12 mai une coordination plus étroite des protocoles sanitaires dans les pays de l'Union européenne. Cependant, de nombreuses fausses informations se répandent sur la Toile depuis le début des rapatriements des passagers du navire contaminé.
La vague d'infox n'a pas encore atteint celle que le monde avait connu durant l'épidémie de Covid-19 , mais les ressorts de la désinformation sont comparables. Premiers visés : les laboratoires qui, selon plusieurs comptes, auraient anticipé l'arrivée de l'hantavirus en vue de gonfler leurs profits en vendant leurs vaccins en cas d'épidémie. Vérifications faites, Moderna travaille sur le sujet, mais aussi sur une dizaine d'autres vaccins à ARN-messagers . Toutefois, la mise au point du sérum contre l'hantavirus n'est pas terminée. Le laboratoire n'est pas prêt à commercialiser quoi que ce soit à ce stade.
Plusieurs comptes à tendance conspirationniste reprennent par ailleurs une capture d'écran, laissant penser qu'un autre géant pharmaceutique, à savoir Pfizer, a dévoilé le 2 mai son propre vaccin . En réalité, il s'agit d'une capture d'écran d'un journal économique espagnol dont le titre a été modifié. L'auteur a remplacé « vaccin contre la grippe » par « vaccin contre l'hantavirus ». L'article date de 2025 .
Théorie du complot toujours, mais cette fois-ci autour de la disparition supposée d'échantillons de virus dans un laboratoire australien : des comptes Facebook – en arabe notamment – reprennent la déclaration d'un officiel expliquant alors le problème. Une vidéo sortie de son contexte : après vérification, elle remonte à 2024 . Cette « fuite » n'est donc pas à l'origine de la situation actuelle.
Autre image sortie de son contexte : celle d'un chauffeur de bus censé transporter des passagers ayant séjourné sur le navire d'où est partie l'épidémie, le « MV Hondius ». Sur la photo, le conducteur ne porte aucune protection. La preuve, selon des comptes complotistes, que ce virus n'existe pas. Tout cela est faux : une recherche par image inversée nous permet de retrouver l'image d'origine . Il n'y a aucun lien avec l'hantavirus : la photo a été prise en janvier 2020 en Royaume-Uni, au début de la crise Covid.
