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electionsvia France 24··5 min de lecture

Pourquoi la fuite d'une note confidentielle embarrasse-t-elle Raphaël Glucksmann ?

Personnalités citées :Raphaël GlucksmannJean-Luc MélenchonManuel BompardClémence Guetté
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Le contexte

Raphaël Glucksmann est un député européen et un candidat pressenti pour l'élection présidentielle de 2027. La note confidentielle qui a fuité vise à définir des cibles électorales pour sa campagne, ce qui suscite des critiques au sein de la gauche, notamment de La France insoumise. Ce type de stratégie électorale rappelle des débats antérieurs au sein du Parti socialiste.

Ce qu'il faut retenir

Une note confidentielle rédigée pour Raphaël Glucksmann a fuité, établissant des publics cibles pour la présidentielle 2027. Ce document, qui a été critiqué sur les réseaux sociaux, classe les électeurs à mobiliser et ceux à éviter. Glucksmann a réagi en rejetant les conclusions de cette note, affirmant qu'elle ne reflète pas sa stratégie politique. Les critiques de La France insoumise soulignent que cette approche pourrait renforcer l'image de Glucksmann comme éloigné des préoccupations des classes populaires.

Ce que ça change

Cette fuite pourrait avoir des conséquences sur la perception de Raphaël Glucksmann au sein de l'électorat de gauche, renforçant l'idée qu'il s'éloigne des classes populaires. Cela pourrait également influencer sa campagne pour la présidentielle 2027, en le plaçant sous le feu des critiques de ses rivaux politiques.

L'article complet

Source originale sur france24.com

La fuite d'une note confidentielle, mardi, rédigée pour Raphaël Glucksmann et établissant des "publics cibles" pour la présidentielle 2027 ainsi que des électorats "à éviter" a mis dans l'embarras celui qui se prépare à être candidat. L'argumentaire rappelle la fameuse note Terra Nova qui, en 2011, conseillait au PS d’abandonner la classe ouvrière.

C'est une note confidentielle qui met Raphaël Glucksmann, candidat pressenti à l'élection présidentielle 2027 , dans une situation délicate. Rédigé par l'un de ses conseillers, ce document visait à lister les cibles électorales que le député européen devrait s'attacher à convaincre s'il souhaite remporter la course à l'Élysée. Mais depuis que Politico a révélé son existence , mardi 12 mai, il fait l'objet de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, notamment de la part de La France insoumise , et met en difficulté Raphaël Glucksmann , qui a été contraint de réagir. Explications.

Il s'agit d'une note stratégique datée de mars 2026 et rédigée par Mathieu Lefèvre-Marton, fondateur du think tank Destin commun et désormais conseiller de Raphaël Glucksmann, en vue de l'élection présidentielle 2027 . Sur une cinquantaine de pages, cette note décrit les électeurs "cibles" que le président de Place publique doit chercher à mobiliser en cas de participation à la campagne présidentielle et, à l'inverse, ceux "à éviter".

Cette note a dans un premier temps été révélée mardi matin par Politico, avant que de nombreuses pages du document PDF ne fuitent sur les réseaux sociaux et que d'autres médias ne s'en fassent l'écho.

Ce document estampillé "confidentiel" a pour objet de classer les "publics cibles" de Raphaël Glucksmann à partir des récents sondages d'intentions de vote pour la présidentielle.

Il y a les électeurs présentés comme "fidèles" et dont le nombre est estimé à 3,4 millions : les "âgés" (50-80 ans), les "aisés" (plus de 3 500 euros mensuels), ou encore les habitants des "moyennes et grandes métropoles". Il y a également les électeurs estampillés "conquêtes à gauche", estimés à 1,5 million : ceux-ci ont entre 35 et 59 ans, gagnent entre 2 000 et 4 000 euros par mois et hésitent "entre Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier ou François Ruffin ". Il y a enfin les électeurs dits "conquêtes au centre", estimés eux aussi à 1,5 million : ils ont entre 40 et 70 ans, ils sont "CSP + et profession intermédiaire, plutôt privé, retraités", gagnent entre 2 000 et 4 000 euros par mois et hésitent entre "Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal ou Édouard Philippe ".

Chaque électeur cible est représenté par un profil fictif : "Nathalie de Nantes" pour les "fidèles", "Romain de Romainville" pour les "conquêtes à gauche" et "Gérard de Guérande" pour les "conquêtes au centre".

La première fiche décrit ainsi Nathalie, 57 ans, professeur de lettres, comme une électrice de gauche "pas naïve – elle sait que la politique est affaire de compromis" –, qui "garde une exigence morale forte". Nathalie "est bénévole dans une association qui aide les migrants dans leurs démarches administratives", elle "adore aller au marché du samedi matin pour faire ses courses chez des producteurs locaux" et "va aussi chez Biocoop et Grand Frais", "fait le plein chez Leclerc" et "va souvent chez Picard". "Ses artistes préférés sont Cabrel, Pagny, Goldman, Stromae, Clara Luciani, Mylène Farmer, Benjamin Biolay, Alain Souchon", détaille encore le document.

À l'inverse, les banlieues, les revenus faibles (moins de 1 500 euros par mois) et les jeunes (18-25 ans) sont jugés "plus difficilement mobilisables" et, par conséquent, "à éviter pour le moment".

Les réactions n'ont pas manqué, en particulier chez les cadres insoumis, qui voient Raphaël Glucksmann comme un rival potentiel de Jean-Luc Mélenchon en 2027. "Une campagne électorale n'est pas un placement de produit", a ainsi réagi le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard , fustigeant les "études marketing" des "génies de la com" travaillant pour Raphaël Glucksmann.

"Une note interne des équipes de Glucksmann révèle ce que nous savions. Il n'a jamais souhaité être un candidat de gauche. Sa stratégie, c'est d'incarner le renouveau macroniste. En abandonnant les ouvriers, les plus pauvres, les jeunes", a commenté pour sa part la députée insoumise et vice-présidente de l'Assemblée nationale Clémence Guetté.

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Cette fuite est d'autant plus embarrassante pour l'ancienne tête de liste Place publique-Parti socialiste aux élections européennes 2024 qu'elle rappelle une autre note, publiée en 2011 par le think tank Terra Nova . Cette dernière conseillait au Parti socialiste d'abandonner les ouvriers et les employés pour se consacrer à un électorat urbain composé des "diplômés", des "jeunes", des "minorités des quartiers populaires" et des "femmes". Elle symbolise encore aujourd'hui pour beaucoup d'électeurs de gauche la "trahison sociale" que fut, selon eux, le quinquennat de François Hollande (2012-2017).

Face aux multiples partages du document sur les réseaux sociaux et aux commentaires de La France insoumise, Raphaël Glucksmann n'a pas tardé à réagir en publiant un communiqué dès mardi soir. "Depuis ce matin, une note dont j'ai immédiatement rejeté les conclusions est présentée comme ma stratégie politique. Soyons clairs : cette note n'a aucune valeur politique."

Alors qu'il pâtit déjà, auprès d'une partie de l'électorat de gauche, d'une image d'homme politique éloigné des préoccupations des classes populaires, cette note vient encore la renforcer. "Honnêtement, ce qui se passe va être très chiant : ça va appuyer sur une perception potentielle de quelque chose qu'on dit de nous et qui est erroné", regrette ainsi l'attachée de presse de Raphaël Glucksmann, citée par Mediapart , tandis qu'un autre membre de l'entourage du candidat pressenti reconnaît auprès de franceinfo qu'il s'agit d'un résumé "caricatural" et "très maladroit".

"Je suis à l'opposé de ce qui est dit dans cette note", insiste Raphaël Glucksmann dans son communiqué. Dimanche, devant les cadres de son parti, il assurait même avoir "répété (qu'il) entendait (s')adresser à tous les Français" sans se "résigner à ce que les banlieues populaires soient captées par LFI", ni que les "villes de moins de 100 000 habitants soient abandonnées au RN".

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Texte extrait depuis l'article original sur france24.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur france24.com.

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