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justicevia RFI — France··5 min de lecture

Procès libyen en appel: le parquet requiert de nouveau sept ans de prison contre Nicolas Sarkozy

Personnalités citées :Nicolas SarkozyRodolphe Juy-BirmannChristophe IngrainClaude GuéantBrice HortefeuxGuillaume Denoix de Saint Marc
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Le contexte

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, est en appel d'une condamnation pour association de malfaiteurs liée à des financements occultes de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime libyen de Mouammar Kadhafi. Ce procès s'inscrit dans un contexte de tensions autour de la corruption et de la transparence dans le financement des campagnes électorales en France.

Ce qu'il faut retenir

Le parquet général a requis une peine de sept ans de prison contre Nicolas Sarkozy, identifiant ce dernier comme l'instigateur d'un pacte de corruption avec le régime libyen. L'accusation a également demandé des peines pour ses proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux. Le tribunal doit rendre sa décision le 30 novembre, après les plaidoiries des avocats.

Ce que ça change

Ce procès et les réquisitions du parquet soulignent les enjeux de transparence et d'intégrité dans le financement des campagnes politiques en France. Une éventuelle condamnation de Nicolas Sarkozy pourrait avoir des répercussions sur sa carrière politique et sur la perception du public concernant la corruption au sein des élites politiques.

L'article complet

Source originale sur rfi.fr

En conclusion de trois jours d'une charge féroce au procès libyen en appel, le parquet général a requis une peine de sept ans de prison à l'encontre de Nicolas Sarkozy, soit la même réquisition demandée en première instance. Condamné à cinq ans de prison ferme, l'ex-chef de l'État avait alors dû passer 20 jours derrière les barreaux.

Publié le : 13/05/2026 - 16:37 Modifié le : 13/05/2026 - 20:56

Au terme de trois jours d'un réquisitoire féroce , que Nicolas Sarkozy a essuyé sans un regard pour l'accusation, et après avoir abordé les derniers aspects de cette affaire politico-financière à tiroirs, le trio d'avocats généraux a demandé à la cour d'appel de Paris de prononcer une peine de sept ans de prison, faisant planer au-dessus de l'ex-président de la République l'épée de Damoclès d'un infamant retour en détention.

Avec ce procès qui approche de son terme devant la cour d'appel de Paris, Nicolas Sarkozy joue sa liberté et son honneur. En cas de condamnation le 30 novembre, il ne restera à l'ex-dirigeant français, qui martèle que « pas un centime » d'argent libyen n'a atterri dans sa campagne présidentielle de 2007, que le recours d'un pourvoi en cassation.

Le tribunal de première instance avait condamné l'ex-chef de l'État (2007-2012) à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, en estimant qu'il avait laissé ses plus proches collaborateurs démarcher le régime libyen en vue de se procurer des fonds pour sa campagne. Après ce jugement, Nicolas Sarkozy était devenu le premier président écroué dans l'histoire de la République, passant vingt jours derrière les barreaux après sa condamnation de première instance.

Le présentant comme « le principal, l'unique bénéficiaire », « l'instigateur » de l'association de malfaiteurs « pour lui permettre d'être élu » à l'Élysée, l'avocat général Rodolphe Juy-Birmann n'a pas requis de mandat de dépôt ou d'exécution provisoire à l'encontre de l'ancien président. Il est celui qui « fédère autour de sa personne » les autres protagonistes, qui « avalise » les rencontres occultes, « qui tire les ficelles, distribue les rôles, en veillant toujours à rester en arrière-plan », celui enfin qui s’est « exonéré de toutes les barrières de prudence et de probité », a conclu le magistrat, rapporte notre envoyée spéciale à la Cour d'appel, Laura Martel .

« Nous démontrerons dans quinze jours, lors de nos plaidoiries, la parfaite innocence de Nicolas Sarkozy. Il n'y a pas d'argent (libyen) dans sa campagne, dans son patrimoine, et pour cause : il n'y a pas eu de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye. (...) Nicolas Sarkozy est innocent, son élection n'a pas été biaisée », a déclaré à la presse l'un de ses avocats, Christophe Ingrain.

«Nicolas Sarkozy est innocent, on élection n'a pas été biaisée», réagit son avocat Christophe Ingrain

Alors qu'il n'avait été condamné en septembre que pour association de malfaiteurs, le ministère public a demandé aux juges d'appel de déclarer Nicolas Sarkozy coupable de l'ensemble des faits pour lesquels il est poursuivi, y compris la corruption, le financement illégal de sa campagne présidentielle victorieuse et le recel de détournement de fonds publics libyens.

Pour l'accusation, alors ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a conclu un « accord » avec le dictateur Mouammar Kadhafi , afin de percevoir des financements occultes du régime libyen en échange en particulier de la promesse d'examiner la situation judiciaire de son bras droit. Ces manœuvres frauduleuses auraient conduit, selon le parquet général, à « vicier le financement de l'élection suprême de la Ve République ».

Pour déterminer la peine, l’accusation a notamment insisté sur la gravité des faits : « Sans exemplarité des responsables publics, la confiance s’étiole », « la préservation du pacte social » est donc « un enjeu majeur qui nécessite la ferme répression des atteintes à la probité », a martelé l’avocat général. Or le pacte corruptif scellé sous la houlette de l'ex-président a induit une « rupture d’égalité » dans l’élection, avec « un risque d’ingérence étrangère ».

Il convient aussi de « sanctionner le mensonge », a lancé l’avocat général, déplorant l’attitude des prévenus qui « n’ont montré aucune introspection, remords ni repentir », allant même, après le premier jugement, « à remettre en cause publiquement l’impartialité de la justice ». La peine de Nicolas Sarkozy doit donc être « dans le haut du spectre » et supérieure à celle des autres prévenus, estime le parquet. Ce dernier a donc requis sept ans de prison sur les 10 encourus, ainsi que 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, comme en première instance.

Ce scénario s'articule autour de deux rencontres secrètes fin 2005 en Libye de Claude Guéant et Brice Hortefeux, ses plus proches collaborateurs, avec le haut dignitaire libyen Abdallah Senoussi.

Ce beau-frère du dictateur Mouammar Kadhafi avait été, six ans auparavant, condamné en son absence à la perpétuité par la justice française pour avoir commandité l'attentat du DC-10 d'UTA qui a fait 170 morts en 1989, dont 54 victimes étaient françaises. Il était en quête d'une levée du mandat d'arrêt international le visant.

Or en 2006, le régime libyen a fait parvenir quelque 6 millions d'euros sur les comptes de l'intermédiaire Ziad Takieddine, depuis décédé, présent lors des rencontres occultes avec le numéro deux libyen.

Les réquisitions à l'encontre de Nicolas Sarkozy ont été saluées par Guillaume Denoix de Saint Marc, fondateur de l'association française des victimes de terrorisme, partie civile à ce procès aux côtés de plusieurs victimes de l'attentat du DC-10 d'UTA : « J’espère que Nicolas Sarkozy retournera en prison, au moins le temps d’écrire un deuxième livre », ironise Guillaume Denoix de Saint Marc.

«J’espère que Nicolas Sarkozy retournera en prison, au moins le temps d’écrire un deuxième livre», ironise Guillaume Denoix de Saint Marc, fondateur de l'association française des victimes de terrorisme, saluant la réquisition du parquet

Le tribunal correctionnel avait considéré en septembre que Nicolas Sarkozy avait laissé ses plus proches collaborateurs démarcher le régime libyen en vue de se procurer des fonds pour sa campagne.

Mais en appel, l'accusation a demandé aux juges d'aller plus loin en le désignant comme « l'instigateur » du pacte de corruption avec les Libyens.

Le parquet général également a requis mercredi respectivement six et deux années de prison ferme contre Claude Guéant et Brice Hortefeux , demandant à la cour d'appel de confirmer globalement les peines prononcées en première instance contre ces proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.

Pour Brice Hortefeux, le ministère public a demandé une peine légèrement alourdie à quatre ans de prison dont deux avec sursis. Elle a demandé l'aménagement de la partie ferme sous bracelet électronique, avec exécution provisoire.

Après deux mois d'audience, le procès doit s'achever dans deux semaines, après les plaidoiries des avocats des dix prévenus incluant ceux de Nicolas Sarkozy. La décision devrait être rendue le 30 novembre.

Texte extrait depuis l'article original sur rfi.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur rfi.fr.

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