Le fondateur de La France humaniste et candidat putatif à l’élection présidentielle est inquiété pour avoir accepté une statuette et un buste de Napoléon offerts par l’ancien président du Burkina Faso, lors de son passage au ministère des Affaires étrangères.
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Un candidat à l’élection présidentielle inquiété par la justice peut en cacher un autre. Après Édouard Philippe, visé par une enquête pour détournement de fonds publics, c’est au tour de Dominique de Villepin d’être inquiété par le Parquet national financier (PNF). Le PNF a ouvert, ce mardi, une enquête préliminaire sur des chefs de « recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes » visant l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, a annoncé le procureur de la République financier, Pascal Prache. En cause : deux cadeaux reçus lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, de 2002 à 2004, qu’il a ensuite conservés.
Le 30 avril dernier, l’émission « Complément d’enquête », diffusée sur France 2, révélait que l’homme du « non » à la guerre en Irak s’était vu offrir une statuette et un buste de Napoléon payés par Blaise Compaoré, président du Burkina Faso à l’époque, et l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Avec, comme intermédiaire éventuel, Robert Bourgi, avocat controversé proche de nombreux chefs d’État africains, qui n’est autre que celui qui a offert près de 13 000 euros de costumes à François Fillon, comme il l’a lui-même reconnu.
Selon le témoignage de Robert Bourgi, diffusé dans ce documentaire, la statuette et le buste auraient été achetés respectivement 75 000 et 50 000 euros. « C’était une erreur. Je n’aurais pas dû les accepter », a reconnu, sur France Inter, Dominique de Villepin le 10 mai dernier, soulignant qu’il « n’y avait pas d’encadrement de ces situations à l’époque » .
Le fondateur de La France humaniste, son mouvement créé pour se lancer dans la course à l’élection présidentielle , a toutefois toujours nié toute contrepartie en échange de ces cadeaux. Depuis ces révélations, les objets en question ont été rendus par Dominique de Villepin au ministère des Affaires étrangères, a-t-il fait savoir.
Édouard Philippe visé par une enquête du PNF pour « détournement de fonds publics »
Dominique de Villepin va plus loin, chargeant l’un de ses anciens rivaux. « Monsieur Bourgi est un ami de quarante ans de Nicolas Sarkozy », a-t-il fait savoir, ajoutant que ces « pseudo-révélations interviennent à un moment où Nicolas Sarkozy connaît des moments difficiles dans une affaire judiciaire qui est l’affaire libyenne. Donc, il est clair qu’il y a une volonté de nuire » . « Les insinuations sans aucun fondement de Dominique de Villepin sont absolument ridicules et totalement déplacées », a réagi auprès de l’AFP l’entourage de Nicolas Sarkozy . Une querelle sans fin.
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Affaire des statuettes : Dominique de Villepin visé par une enquête du PNF pour recel de détournement de fonds publics
