Le directeur général de la gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau, a réagi à la mort de la jeune Lyhanna, dont le suspect faisait l’objet d’une plainte pour viols restée sans suite immédiate
La mort de Lyhanna, dont le principal suspect était visé par une plainte pour viols sur mineure sans avoir été entendu, est « un échec » pour la gendarmerie, a estimé mardi sur TF1 le directeur général de la gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau.
« C’est un sujet délicat, sensible et je dirai d’entrée que c’est un échec pour la gendarmerie » et « l’ensemble des gendarmes […] le vivent véritablement comme un échec », a considéré le général Hubert Bonneau, invité du JT de TF1. « On ne rentre pas dans la gendarmerie nationale par hasard, on y vient par conviction, par volonté de protéger, protéger nos concitoyens, protéger les plus faibles et au final quand dans nos opérations cela se traduit par de la mort ou de la souffrance, oui je peux dire que c’est un échec », a-t-il ajouté, précisant qu’il n’avait pas « songé à démissionner ».
Lyhanna, collégienne de 11 ans, a été retrouvée morte jeudi dans un silo désaffecté dans le Gers, six jours après sa disparition. Le principal suspect, Jérôme B., avait fait l’objet de plusieurs signalements et plaintes pour des violences sexuelles sur mineures. En août 2025, une plainte avait été déposée par la mère d’une enfant qui accusait Jérôme B. de l’avoir violée à plusieurs reprises.
Après plusieurs actes d’enquête, dont l’audition de la victime et un examen médico-légal corroborant ses déclarations, le parquet de Toulouse a transmis la procédure au parquet d’Auch qui a saisi la gendarmerie de Lectoure, dans le Gers, en janvier. Mais le suspect n’avait toujours pas été placé en garde à vue au moment de l’enlèvement de Lyhanna, le 29 mai.
« Effectivement, quand vous avez un auteur qui est désigné, quand vous avez une victime avérée, quatre mois, c’est trop long », a reconnu le général Hubert Bonneau. Mais, a-t-il tenu à contextualiser, « au sein de la gendarmerie nationale aujourd’hui nous recevons toutes les heures quatre plaintes pour des violences sexuelles et sexistes et des viols sur des mineurs ». « Ça n’excuse rien », a-t-il ajouté, assurant que l’enquête administrative confiée aux inspections générales de la gendarmerie et de la justice déterminera s’il y a eu des dysfonctionnements dans ce dossier.
Concernant la mère de la mineure qui a rapporté avoir été menacée d’une plainte si elle continuait à téléphoner à la gendarmerie pour s’enquérir des avancées de l’enquête, le général Hubert Bonneau a promis de faire « la lumière sur ce sujet ».
