Selon une étude réalisée par Foodwatch dans quatre pays différents dont la France, 80 % des aliments testés contiennent des pesticides qui sont pourtant interdits en Europe et dont certains dépassent même les limites autorisées
Un phénomène dangereux pour l’environnement et pour notre santé. Dans une étude publiée le 19 mai, l’ONG Foodwatch révèle au journal le Monde que dans plusieurs produits dont le riz, les épices et le thé, a été retrouvé des pesticides interdits. Sur ses 64 denrées alimentaires testées, 49 d’entre eux contiennent des pesticides dont 45 non autorisés . La situation est même plus complexe en France, puisque 80 % des produits testés comptent en eux des traces de pesticides interdits (12 sur 15).
Bien que ces pesticides soient interdits en Europe, la Commission européenne a instauré des limites à ne pas dépasser. Pourtant, dans 14 denrées contrôlées, ces limites ont été dépassées dans deux produits en France. L’ONG exige un rappel immédiat. Cela concerne le paprika doux moulu de la marque Ducros (numéro de lot 601912350) et le riz thaï de la marque Taureau Ailé (numéro de lot 0506251BN-B).
Rien que dans le paprika doux moulu, 18 pesticides ont été retrouvés dont six interdits en Europe et pour deux de ces pesticides les limites ont été dépassés. Il s’agit de deux insecticides : le chlorfénapyr et le flonicamide. Le premier a été retrouvé à une concentration de 0,096 milligramme par kilo (mg/kg), soit plus de neuf fois la limite autorisée (0,01 mg/kg), et le second à une teneur de 1,89 mg/kg, soit plus de six fois la limite maximale de résidus (0,3 mg/kg).
Pour le riz thaï, les analyses ont mis en évidence la présence d’anthraquinone, un répulsif contre les oiseaux, à des niveaux près de trois fois supérieurs au seuil toléré.
Ce phénomène s’explique par « l’effet boomerang », il consiste à produire sur le sol européen des pesticides interdits en Europe pour les exporter vers des pays aux normes moins protectrices. Finalement, ces pesticides se retrouvent ensuite dans nos assiettes. En 2020, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s’était engagée à mettre un terme à ce « commerce toxique ». Pourtant, selon une enquête de l’ONG suisse Public Eye, les exportations de pesticides interdits ont même progressé de 50 % entre 2018 et 2024.
Au total, 54 pesticides ont été retrouvés dans les denrées alimentaires dont la moitié est interdite par la législation selon l’ONG Foodwatch lors de leur étude.
