A Kiev, les prétendants à l’Elysée ne viennent pas seulement afficher leur soutien à l’Ukraine. À un an de la présidentielle, les rencontres avec Volodymyr Zelensky sont aussi une manière de se projeter dans l’exercice des responsabilités d’un chef d’Etat.
Deux des candidats à la présidentielle de 2027 étaient récemment dans la capitale ukrainienne. Le Républicain Bruno Retailleau s’y trouvait le 20 mai, pour deux jours, accompagné de l’eurodéputé Christophe Gomart. Celui-ci avait suivi de très près la guerre dans le Donbass en 2014 alors qu’il dirigeait le renseignement militaire. Retailleau a été reçu à Bankova – l’Elysée ukrainien – par Igor Zhovkva, avec qui l’ambassadeur de France Gaël Veyssière entretient de bonnes relations. Au soir du premier jour, le candidat LR espérait encore rencontrer Volodymyr Zelensky . En vain.
Edouard Philippe a eu plus de succès. Arrivé quelques jours plus tard pour une douzaine d’heures dans la capitale ukrainienne, il a obtenu un entretien de vingt-cinq minutes avec le chef de l’Etat. « Zelensky croit plus aux chances de Philippe que de Retailleau pour 2027 » , traduit une source à Kiev.
Reste que le candidat le plus assidu dans ses déplacements en Ukraine est Gabriel Attal . Il y était en février et en septembre, à l’occasion des Yalta European Strategy, grand-messe pour leaders ukrainiens et internationaux créée en 2004 par l’oligarque Viktor Pintchouk. Un forum dont l’organisation a été confiée à Havas. Le vice-président, Stéphane Fouks, est proche d’Attal.
En septembre dernier, l’ancien plus jeune Premier ministre français a même obtenu un selfie avec Zelensky. Au beau milieu d’une conférence, il s’est levé pour aller dans le couloir, où il a attendu le président ukrainien. L’habile embuscade a fonctionné : quelques mots échangés et une photo publiée sur les réseaux sociaux. « A Kyiv, j’ai réaffirmé à Volodymyr Zelensky notre plein soutien » , écrit Attal. Sans préciser que cette conversation avait eu lieu entre deux portes.
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