La Palme de la phrase polémique de la 79e édition du Festival de Cannes est déjà toute trouvée. Gilles Lellouche est sous le feu des critiques depuis qu’il l’a prononcée lors de la conférence de presse du film Moulin le 18 mai. L’acteur français incarne Jean Moulin, héros de la résistance française, dans le biopic du réalisateur hongrois László Nemes, en compétition .
Un rôle très politique puisque l’homme de gauche a présidé le Conseil national de la résistance et combattu le nazisme jusqu’à sa mort en 1943, après avoir été torturé par le chef de la Gestapo de Lyon, Klaus Barbie . Pourtant, Gilles Lellouche a refusé de répondre à une question sur l’extrême droite actuelle, comme le montre notre vidéo ci-dessus.
Elle a été posée par un journaliste du média en ligne Paroles d’honneur, proche de LFI, qui décrit sa ligne comme « antiraciste et décoloniale » . Après avoir rappelé que le Rassemblement national a été fondé par certains des collaborateurs de Klaus Barbie, Yazid Arifi a demandé à l’acteur : « Pensez-vous qu’il est aujourd’hui primordial, pour ne pas trahir la mémoire de Jean Moulin, de combattre résolument le Rassemblement national ? ».
Avant d’enchaîner avec une deuxième question : « Pensez-vous également que la France insoumise, majoritaire à gauche, est aujourd’hui le meilleur rempart à l’extrême droite, son programme étant aussi inspiré du programme du Conseil national de la résistance ? » .
La réponse, ou plutôt la non-réponse de Gilles Lellouche, a fusé : « Elle n’est pas un tout petit peu orientée votre question, non ? Je n’ai pas de réponse à ça, monsieur. » Dans la foulée, le réalisateur du film László Nemes a lui aussi préféré esquiver le sujet, estimant ne pas être là pour « commenter la politique française » et avoir fait « ce qu’on a pu pour rendre hommage à Jean Moulin ».
Depuis, cette séquence tourne partout sur les réseaux, où de nombreuses personnes s’indignent du manque de positionnement Gilles Lellouche. Certains ont détourné la vidéo avec humour, pour rappeler que le cinéma est toujours politique, d’autant plus pour un film sur le chef de la résistance française. Et les memes sur l’acteur, renommé par certains « Gilles Lelâche », se multiplient.
Les questions politiques ont toujours eu leur place au Festival de Cannes, et en 2026, d’autres artistes n’ont pas hésité à y répondre et à prendre position. Javier Bardem , qui a toujours fait entendre sa voix sur la politique, a tiré la sonnette d’alarme sur le masculinisme sans détour : « Ce problème concerne aussi M. Trump, M. Poutine et M. Netanyahu, ces types qui se la jouent gros bras en disant : “ma b*te est plus grosse que la tienne, et je vais te bombarder à mort” ».
L’acteur Sebastian Stan , qui a incarné Donald Trump dans The Apprentice , a refusé de rire avec les journalistes en parlant du président américain, estimant que la situation aux États-Unis est « grave » . Et le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar a qualifié Donald Trump, Benjamin Netanyahu et « le Russe » Vladimir Poutine de « monstres » , appelant les Européens à faire rempart contre eux.
Forcément, les comparaisons avec l’esquive de Gilles Lellouche ne se sont pas fait attendre : « En Espagne ils ont Javier Bardem, ici on a Gilles Lellouche qui ne peut pas dire le fascisme c’est pas bien » , peut-on lire sur X. Depuis la conférence de presse, l’acteur qui incarne Jean Moulin n’est pas revenu sur la polémique.
Avant l’élection présidentielle de 2022 et les législatives de 2024, il avait signé une pétition appelant à faire barrage contre le RN. Après sa sortie à Cannes, Gilles Lellouche risque donc d’être attendu au tournant lors de la présidentielle de 2027.
