Lundi, le gouvernement allemand a annoncé que le chancelier Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron étaient parvenus à un constat de désaccord entre Airbus et Dassault Aviation sur la construction d’un avion de combat commun.
Le Premier ministre belge Bart De Wever a fustigé mardi l’abandon du développement de l’avion de combat Scaf, une décision « stupide » illustrant à ses yeux l'« arrogance » des principaux partenaires du projet, la France et l’Allemagne.
« J’ai été extrêmement déçu de lire que la France et l’Allemagne n’avaient pas pu s’entendre sur le développement (de ce projet). Quelle perte de temps, quelle arrogance ! », a-t-il dénoncé, lors d’une conférence organisée par le think tank « Friends of Europe » sur le thème du marché unique.
Sur fond de menace russe et de désengagement du partenaire américain, il est indispensable pour les pays européens d’envisager leur défense collectivement, avec des projets communs, particulièrement dans la défense aérienne, a expliqué M. De Wever.
« Penser qu’on peut développer un avion de combat seul, ou le faire plus rapidement seul, est simplement ignorer la réalité. C’est de la pure stupidité », a insisté le dirigeant conservateur flamand.
Un point de vue partagée par la ministre espagnole de la Défense Margarita Robles, qui a évoqué une « très mauvaise nouvelle, très préoccupante pour l’autonomie stratégique de l’Europe. On a fait passer les intérêts de l’industrie avant les intérêts de la sécurité et de la défense de l’Europe. »
Lundi, le gouvernement allemand a annoncé que le chancelier Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron étaient parvenus à un constat de désaccord entre Airbus et Dassault Aviation sur la construction d’un avion de combat commun. Un propos qui a ensuite été confirmé par l’Élysée.
Lancé en 2017 par Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, rejoints par l’Espagne deux ans plus tard, le système envisagé devait comprendre un avion et des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, « un cloud de combat ».
Décrit comme le Système de combat aérien du futur – la déclinaison du sigle Scaf – il était censé constituer l’épine dorsale de la puissance aérienne des Français et des Allemands à partir des années 2040. Le Scaf devait remplacer à long terme l’Eurofighter Typhoon en Allemagne et le Rafale de Dassault en France.
