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gouvernementvia RFI — France··5 min de lecture

Bastien Lachaud : «On ne va pas avoir de chars russes sur les Champs-Élysées»

Personnalités citées :Bastien LachaudJean-Luc MélenchonMathilde PanotVladimir Poutine
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Le contexte

Bastien Lachaud est un député de La France Insoumise (LFI) et membre de la Commission de la défense nationale. Il aborde des sujets variés tels que la transformation de la société française, le budget militaire, et la situation en Nouvelle-Calédonie. Le contexte politique est marqué par des tensions autour de la défense nationale et des relations internationales, notamment avec la Russie et l'OTAN.

Ce qu'il faut retenir

Bastien Lachaud plaide pour une refonte institutionnelle en France, soulignant que les aspirations des citoyens ont évolué. Il critique le budget militaire voté par l'Assemblée nationale, le considérant comme excessif et mal orienté. Lachaud appelle à une sortie de l'OTAN et à un réinvestissement dans des domaines technologiques. Il se positionne contre l'invasion de l'Ukraine tout en critiquant l'expansion de l'OTAN.

Ce que ça change

Les déclarations de Lachaud pourraient influencer le débat sur la défense nationale et les relations internationales en France, notamment en période électorale. Son appel à une Constituante et à une réévaluation des priorités militaires pourrait résonner auprès des électeurs inquiets des tensions géopolitiques actuelles.

L'article complet

Source originale sur rfi.fr

Député LFI de Seine-Saint-Denis, membre de la Commission de la défense nationale, Bastien Lachaud est l’invité de L’Atelier politique. « Nouvelle France », crise calédonienne, budget militaire, Ukraine : il répond aux questions de Frédéric Rivière.

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Pour Bastien Lachaud, la France n’a pas de nature éternelle. Elle est une construction politique, faite de couches historiques successives. « L’essentialisation de la France est un racialisme. Quel est le pays qui a connu cinq républiques, deux empires, trois monarchies, un régime autoritaire en deux siècles ? Aucun. Nous sommes une construction politique. »

La France de 2026, explique-t-il, est à 80% urbaine contre 55% en 1958. Presque toutes les femmes y travaillent. Elle intègre des générations issues de l’immigration postcoloniale. Cette transformation, estime Bastien Lachaud, appelle une refonte institutionnelle.

« Un Français de 2026 n’a pas les mêmes aspirations qu’un Français de 1958. Il ne veut pas les mêmes institutions. Nous avons besoin d’une Constituante pour donner à cette Nouvelle France les institutions qui lui vont bien. »

La Nouvelle France est aussi un projet économique. Bastien Lachaud plaide pour un investissement massif dans le quantique, le spatial, les fonds marins, la santé. « La Nouvelle France doit être une puissance qui investit dans les nouvelles technologies de l’avenir et qui aura une influence sur la marche du monde. »

La présidente du groupe LFI Mathilde Panot a affirmé que l’extrême droite « fantasme une France qui n’existe pas et qui n’a jamais existé, une France blanche et chrétienne ». Bastien Lachaud, ancien professeur d’histoire, défend cette lecture.

L’unité religieuse de l’Ancien Régime était, selon lui, une unité imposée par la violence. « Les Juifs étaient persécutés, les protestants avaient été massacrés lors de la Saint-Barthélémy. Quand on regarde les guerres de religion, on ne peut pas dire que la France était catholique et que tout le monde en était ravi. »

C’est la Révolution française qui a produit une France politique unifiée, dit-il, notamment en accordant aux Juifs les mêmes droits qu’aux autres citoyens. Le récit national homogène est, à ses yeux, une construction de la Troisième République, motivée par la volonté de récupérer l’Alsace et la Lorraine. « Si on regarde les travaux des historiens sérieux, on voit bien que tout ça est bien plus complexe. »

En avril 2026, Bastien Lachaud publiait un texte accusant le corps préfectoral d’être « gangrené par l’idéologie xénophobe, islamophobe et raciste ». L’Association du corps préfectoral a déposé une plainte pour diffamation et injure.

Il justifie sa diatribe par la réalité du terrain. Des étrangers en situation régulière, installés en France depuis vingt ans, pères et mères de famille français, sont dans l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous en préfecture pour renouveler leurs titres de séjour.

« Leurs titres de séjour arrivent à expiration, ils perdent leur emploi. Juste parce que la préfecture n’a pas donné le rendez-vous pour renouveler le titre de séjour. Vous trouvez que c’est normal ? »

Bastien Lachaud qualifie ses propos de caractérisation politique, et non de diffamation. Il dénonce par ailleurs ce qu’il décrit comme une judiciarisation croissante visant les élus de la gauche radicale.

« Jean-Luc Mélenchon, Aurélien Taché, Paul Vannier ont été attaqués en justice par des préfets. Depuis quand des préfets attaquent en justice des parlementaires qui font de la caractérisation politique ? »

Bastien Lachaud réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les violences survenues en Nouvelle-Calédonie en 2024. « Quinze morts, 975 blessés, deux milliards d’euros de dégâts et on ne devrait pas aller chercher les responsables ? Tout le monde avait prévenu le gouvernement que s’il avançait sur le dégel du corps électoral, il y aurait une explosion sociale. »

La résolution déposée le 12 février 2026 en vue de la création de cette commission d’enquête n’a pas abouti. Bastien Lachaud impute ce blocage à l’opposition conjointe des partis gouvernementaux et du Rassemblement national.

Il retrace le fil historique : la colonisation de peuplement organisée par l’État jusqu’en 1972, l’inscription de la Kanaky sur la liste des territoires non décolonisés de l’ONU, les accords de Matignon-Oudinot de 1988 et de Nouméa de 1998. Il rappelle que les Kanaks avaient accepté, en 1983, de partager leur droit à l’autodétermination avec les autres habitants du territoire, un geste qu’il qualifie d’« inouï dans le droit international ».

« Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est en finir avec ça. Il faut que l’État retrouve un statut au minimum d’impartialité et accompagne la Nouvelle-Calédonie vers son indépendance, parce qu’il n’y aura pas d’autre issue. »

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Le 19 mai 2026, l’Assemblée nationale votait une rallonge de 36 milliards d’euros pour le budget militaire. Les députés LFI ont voté contre. Bastien Lachaud, annoncé par Jean-Luc Mélenchon comme futur ministre de la Défense en cas de victoire en 2027, assume ce choix.

« Il faut se poser la question de ce que nous voulons faire avec tout cet argent. Quels sont les objectifs de nos armées ? Quels sont les risques que court notre pays ? »

Ce budget est conçu, selon lui, pour alimenter la contribution française à l’OTAN en cas de conflit à l’est de l’Europe. Bastien Lachaud plaide pour une sortie de l’Alliance atlantique et un réinvestissement massif dans les domaines cyber et spatial, qu’il considère comme les fronts des menaces réelles.

Sur la menace russe, il distingue deux niveaux. Une invasion terrestre de la France ? « On ne va pas avoir de chars russes sur les Champs-Élysées. Nous avons la dissuasion nucléaire et la Russie n’envahira pas une puissance nucléaire. » Des attaques hybrides ciblant les hôpitaux ? « Ce n’est pas parce qu’on va construire des canons qu’on va protéger nos hôpitaux. »

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Bastien Lachaud est parfois accusé de partager la grille de lecture du Kremlin sur le conflit ukrainien. Il rejette cette qualification.

« Oui, nous pensons qu’étendre l’OTAN aux frontières de la Russie est une provocation. Mais pour autant, l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine est totalement inacceptable. Oui, Poutine est responsable de l’invasion. Oui, c’est une violation inacceptable du droit international. Oui, il faut aider l’Ukraine à se défendre, et nous l’avons toujours dit. »

Il refuse la confusion entre une analyse nuancée des responsabilités et une complicité avec Moscou. « Nous traiter de poutinophiles, c’est nous traiter d’ennemis de l’intérieur. Et traiter un opposant d’ennemi de l’intérieur, c’est nier tout débat démocratique. »

L’élection présidentielle est dans onze mois et Bastien Lachaud voit dans le contexte international des raisons de se tourner vers Jean-Luc Mélenchon.

« La guerre fait peur. Il y a une vraie angoisse chez les habitants. Et le discours gouvernemental n’aide pas, avec son économie de guerre et ses évocations d’envoi de soldats sur le front. Je pense qu’un discours rationnel, une voie non-alignée, indépendante, pacifique, comme le fait Jean-Luc Mélenchon trouve son audience. Les sondages le montrent. »

Texte extrait depuis l'article original sur rfi.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur rfi.fr.

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