Aller au contenu principal
Toute l'actualité
environnementvia L'Express··3 min de lecture

Canicule : pourquoi la France a-t-elle encore la climatisation "honteuse" ?

Personnalités citées :Luca RomanoEric Pellerin
PartagerXLinkedInWhatsAppEmail

Le contexte

La France fait face à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, soulevant des questions sur l'utilisation de la climatisation. Le débat sur la climatisation est lié à des enjeux environnementaux et énergétiques, notamment en lien avec la transition vers des solutions plus durables. Les Jeux Olympiques de 2024 à Paris ont également mis en lumière ces problématiques.

Ce qu'il faut retenir

La climatisation en France est souvent perçue négativement, malgré son potentiel à améliorer le confort thermique. Les entreprises du secteur soulignent que la technologie peut être couplée à une électricité bas-carbone. Des études montrent que la climatisation n'augmente que légèrement les températures urbaines. Le manque de soutien politique et les fluctuations des aides compliquent le développement du secteur. La perception de la climatisation évolue, mais des efforts restent nécessaires pour harmoniser les pratiques à travers le pays.

Ce que ça change

Cet article met en lumière les défis et opportunités liés à la climatisation en France dans le contexte des changements climatiques. Il souligne la nécessité d'une politique cohérente pour soutenir le secteur et améliorer l'image de la climatisation, tout en tenant compte des enjeux environnementaux. Cela pourrait influencer les décisions politiques et les investissements dans les technologies de climatisation durables.

L'article complet

Source originale sur lexpress.fr

Deux étudiants patientent à l’ombre d’un parc parisien avant d'affronter la canicule. "Cette chaleur dès le mois de mai, c’est le monde auquel nous devons nous adapter" dit le premier, fataliste. "Mais tout le monde va vouloir installer la clim. Ça va réchauffer les villes", rétorque le second. Un mal nécessaire : voilà comment la climatisation est souvent perçue en France. "Nous avons encore la climatisation honteuse et c’est la même chose pour le nucléaire ", déplore le patron d’une grosse entreprise du secteur.

Souvenons-nous du feuilleton des Jeux olympiques 2024, quand la mairie de Paris clamait haut et fort que le village des athlètes ne profiterait pas de ce système de refroidissement, avant de se raviser quelques mois plus tard. "En coulisses, des sportifs se réfugiaient à l'hôtel, se souvient un industriel de la clim. Ironie du sort, cette période nous a été plutôt bénéfique. Beaucoup de rénovations ont eu lieu dans l'hôtellerie en amont des épreuves, ou parfois dans l’urgence pendant la compétition". Simplement, ces interventions, synonymes de chiffre d’affaires additionnel, n’ont pas fait la Une des journaux.

"Au lieu de pointer la clim du doigt, la France aurait pu mettre en valeur cette technologie couplée à son électricité bas-carbone qui devrait être une fierté nationale", confiait à l’époque l ’influenceur pro nucléaire Luca Romano dans nos colonnes. Mais les idées reçues ont la vie dure. Sur l’ampleur des rejets de chaleur dans les rues des grandes villes par exemple. Pourtant, si toute l’Ile-de-France était climatisée à 23 °C - dans l’hypothèse d’une canicule de 9 jours ayant l’intensité de celle de 2003 -, alors la température n'augmenterait au maximum que d’un demi-degré pour les Parisiens, soulignait une étude scientifique de 2020. "Un petit tiers de la capitale ne verrait même pas de hausse par rapport à un scénario sans clim", soulignait Arthur de Lassus, le fondateur d’Horizons décarbonés, un atelier de réflexion sur la transition, il y a quelques mois dans L’Express. Et l’expert de regretter que peu de partis politiques soient audibles sur le sujet, à l'exception du Rassemblement national avec son plan clim.

La climatisation traîne aussi une mauvaise image en raison des gaz qu’elle utilise. Certes, ces derniers possèdent un fort pouvoir réchauffant lorsqu’ils fuitent dans l’atmosphère. Mais les appareils font l’objet de contrôles et d’entretien réguliers. Une filière de recyclage s’est mise en place. Et les fabricants mettent aujourd’hui au point des appareils contenant des produits jugés "neutres" pour l’atmosphère.

"A vrai dire, l'image de la clim s'améliore peu à peu au fil des ans", confesse Eric Pellerin, directeur général de Mitsubishi Electric Europe BV France. Entre le sud - traditionnellement mieux équipé - et le nord du pays, les pratiques s’harmonisent. La clim, désormais réversible, apparaît moins comme un gadget de riche. Son rendement dépasse celui d’un radiateur électrique, ce qui permet de faire des économies. La question du confort thermique progresse dans les écoles, les hôpitaux ou les maisons de retraite. "Etant donné le retard pris par la France, et l’objectif de déployer un million de pompes à chaleur dans le pays, nous avons des années de travail devant nous", poursuit Eric Pellerin. A condition que les politiques cessent de jouer au yo-yo avec le montant des aides ou les conditions de leur versement. Ces changements de braquet permanents plombent l’activité du secteur, dénoncent plusieurs professionnels, qui pointent aussi un manque de main-d’œuvre. Encore un point commun avec le nucléaire.

Texte extrait depuis l'article original sur lexpress.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur lexpress.fr.

Newsletter quotidienne · gratuite · sans pub

Le brief politique du matin

L'actu politique française en 3 min, sans pub ni bullshit. Vulgarisations sourcées, articles agrégés des 35 grands médias FR — chaque matin à 7h.

  • Lois du jour vulgarisées (contexte, à retenir, ce que ça change)
  • 5 articles politiques marquants, sourcés
  • Aucune pub, aucune revente, désinscription en 1 clic
Fréquence

Sans publicité. Sans revente. Désinscription en 1 clic.

Le résumé semble incorrect ou orienté ? Signalez-le via le formulaire de contact — Civiqo applique une politique de neutralité stricte : nos règles éditoriales bannissent tout vocabulaire évaluatif et toute affirmation non sourcée.