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santevia Le HuffPost··3 min de lecture

Colorants, conservateurs : des études font un lien avec le cancer et d’autres maladies

Personnalités citées :Sandrine Runel
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Le contexte

L'alimentation ultratransformée est de plus en plus critiquée pour ses effets néfastes sur la santé. Des études récentes de l'Inserm renforcent les préoccupations concernant les additifs alimentaires et leur lien potentiel avec des maladies graves. La proposition de loi sur le Nutri-Score vise à améliorer la transparence sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires en France.

Ce qu'il faut retenir

Des études de l'Inserm établissent un lien entre la consommation de colorants et de conservateurs alimentaires et des risques accrus de diabète, de cancer et d'hypertension. Ces travaux, basés sur une cohorte de plus de 100 000 personnes, soulignent la nécessité de privilégier les aliments peu transformés. Une proposition de loi à l'Assemblée nationale vise à rendre obligatoire l'affichage du Nutri-Score sur les produits alimentaires. Les entreprises qui ne se conformeraient pas à cette obligation pourraient être soumises à une taxe.

Ce que ça change

Ces études et la proposition de loi sur le Nutri-Score pourraient inciter le gouvernement à agir pour protéger la santé publique. Si la loi est adoptée, cela pourrait modifier la manière dont les produits alimentaires sont commercialisés en France, en favorisant une alimentation plus saine et en réduisant les coûts liés aux maladies causées par une mauvaise alimentation.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

Diabète, cancer, hypertension… De nouvelles études scientifiques renforcent les connaissances sur les effets délétères de l’ alimentation ultratransformée , au moment où une proposition de loi veut rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur les produits alimentaires afin d’aider les Français à se nourrir plus sainement.

Publiées ce jeudi 21 mai dans les revues Diabetes Care, European Journal of Epidemiology et European Heart Journal, ces trois études de l’Inserm montrent la nécessité de « privilégier les aliments pas ou peu transformés » , estiment leurs auteurs. Ces travaux ont été menés par Sanam Shah et Anaïs Hasenböhler et supervisés par l’épidémiologiste Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm.

Leurs études portent sur la consommation de certains additifs, des colorants alimentaires (E100 à E199) et des conservateurs et antioxydants (E200 à E299 et E300 à E399) au sein d’une importante cohorte française comptant plus de 100 000 personnes, dont le suivi remonte à 2009. Il en ressort, pour la première fois, des associations entre la consommation de colorants alimentaires et un risque accru de diabète de type 2 et de cancer, ainsi qu’entre la consommation de conservateurs et le risque d’hypertension et de maladies cardiovasculaires.

Comparés aux personnes plus faiblement exposées, les plus forts consommateurs de colorants alimentaires ont ainsi un risque supérieur de développer un diabète de type 2 (+38%), un cancer (+14%) et, encore davantage, un cancer du sein (+21% et même +32% post-ménopause), selon ces travaux, à la méthodologie robuste.

De leur côté, les plus forts consommateurs de conservateurs – sorbate de potassium E202 et acide citrique E330 en particulier – ont un risque d’hypertension global accru de 24 % comparé à ceux plus faiblement exposés, et un risque de maladies cardiovasculaires supérieur de 16 %.

Si ces études ne prouvent pas à elles seules un lien de cause à effet, elles s’ajoutent à un large corpus attestant de la nocivité des aliments ultratransformés pour la santé, rappelle à l’AFP Mathilde Touvier. D’ores et déjà, au niveau mondial, « sur 104 études qui regardent les liens entre les aliments ultratransformés et la santé, 93 montrent ces effets délétères de manière très cohérente » , souligne-t-elle.

Pour la chercheuse, « le faisceau d’arguments est désormais assez fort pour dire qu’il faut agir au plan de la santé publique » . Et cette expertise scientifique doit, selon elle, permettre une « réévaluation de la sécurité de ces additifs, pour éventuellement en interdire certains » , en particulier les colorants qui ne « sont là que pour rendre le produit plus attractif » , ou « diminuer les doses autorisées » .

Pour Foodwatch, ces études scientifiques « doivent provoquer un électrochoc politique » car « les solutions sont connues et à portée de main : ce qui manque aujourd’hui, c’est le courage politique » . L’ONG appelle à « interdire les additifs les plus controversés et strictement encadrer les aliments ultratransformés » , soulignant réclamer depuis des années l’interdiction des nitrites, au lien « clairement démontré » avec le cancer colorectal , et de l’aspartame, cancérogène probable.

En janvier, deux études de la même équipe de chercheurs avaient montré une association entre la consommation de conservateurs et une fréquence augmentée de cancers et de diabète de type 2. En France, une proposition de loi, soutenue par huit groupes politiques sur les onze que compte l’Assemblée nationale, appelle à rendre obligatoire le Nutri-Score, « un outil de prévention simple, français et efficace » , selon la députée socialiste Sandrine Runel qui la porte.

Mis en place en 2017 en France sur la base du volontariat, et dans six autres pays européens, cet étiquetage classe les produits alimentaires de A à E, selon leur composition et leurs apports nutritionnels. Les entreprises agroalimentaires qui refuseraient de l’afficher paieraient une taxe de 2 % sur leur chiffre d’affaires français, dont le produit serait affecté à l’Assurance maladie.

Selon un rapport du Sénat, les maladies liées à la mauvaise alimentation, obésité et diabète en particulier, coûtent 11,7 milliards d’euros à l’Assurance maladie, soit la moitié de son déficit, tandis que 17 % des adultes en France sont en situation d’obésité, soit environ huit millions de personnes.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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