Malgré l’opposition des collectivités locales, le chef de l’État souhaite relancer le débat sur la mise en place d’une consigne pour les bouteilles en plastique afin d’atteindre les objectifs de recyclage fixés pour 2030
Emmanuel Macron a demandé mardi au gouvernement d’engager une concertation sur une consigne sur les bouteilles, afin de réduire l’usage du plastique en France, une proposition qui suscite une forte opposition de la part des collectivités locales.
« Je pense qu’il faut maintenant bouger. La consigne pourra faire partie des leviers d’action étudiés. Je demande au gouvernement, sous l’autorité du Premier ministre, d’engager les concertations pour définir les actions concrètes qui nous permettront d’atteindre l’objectif de recyclage en 2030 », a affirmé le chef de l’État au début d’un conseil de planification écologique à Paris. « Je rappelle qu’aujourd’hui, nous payons 1,5 milliard d’euros parce qu’on ne respecte pas les normes européennes sur la consigne. Alors, s’il y a des ministères qui ont 1,5 milliard d’euros en trop, il faut tout de suite le signaler », a poursuivi le président français mardi.
L’option d’instaurer une consigne sur les bouteilles de plastique et les canettes d’aluminium avait déjà été demandée l’an dernier par Emmanuel Macron, mais n’avait finalement pas fait partie d’un plan contre la pollution plastique, à l’occasion d’un sommet de l’ONU sur les océans à Nice.
Dès lundi, les associations d’élus ont fait part de leur opposition à toute proposition allant dans le sens de la consigne, qui les priverait d’une manne financière conséquente qu’elles tirent de la revente de plastique collecté dans les centres de tri. « Les associations nationales d’élus maintiennent leur opposition totale et leur mobilisation face à cette « fausse consigne » des bouteilles en plastique et tiennent à rappeler l’aberration environnementale et financière de ce projet », ont écrit l’Association des maires de France, France urbaine et Intercommunalités de France, dans un communiqué commun mardi.
L’intérêt de cette consigne serait de favoriser le recyclage et le réemploi, a aussi précisé l’Élysée. Le président a également affirmé qu'« il nous faut continuer à avancer sur ces sujets d’écoconception et de réemploi, en particulier sur le plastique, en accompagnant les collectivités qui souhaitent s’engager pour permettre l’atteinte de nos obligations européennes ».
