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culturevia Sud Ouest··3 min de lecture

Culture : déprogrammations, coupes budgétaires… dans des villes RN, les acteurs culturels sur la sellette

Personnalités citées :Alexis MichalikRichard Le NormandNicolas MeizonnetAurélien Lopez-LiguoriFlorian AzémaPhilippe Ballard
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Le contexte

Le Rassemblement National a récemment remporté plusieurs municipalités en France, entraînant des changements dans la gestion culturelle. Les nouvelles administrations justifient des coupes budgétaires et des déprogrammations par des raisons économiques et idéologiques, suscitant des inquiétudes parmi les acteurs culturels.

Ce qu'il faut retenir

Des municipalités dirigées par le Rassemblement National ont annoncé des déprogrammations de spectacles et des coupes budgétaires dans le secteur culturel. Alexis Michalik a dénoncé la suppression de sa pièce à Castres, tandis que d'autres festivals et événements culturels ont été annulés ou réduits. Les maires justifient ces décisions par des besoins d'économies et une volonté de promouvoir une culture plus populaire.

Ce que ça change

Ces décisions pourraient avoir un impact significatif sur la diversité culturelle et artistique dans les municipalités concernées. Les acteurs culturels expriment des craintes quant à la pérennité de leurs projets et à la réduction de l'accès à une culture variée pour les citoyens.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Déprogrammations de spectacles et coupes budgétaires suscitent l’inquiétude des acteurs culturels dans plusieurs municipalités passées sous bannière RN

Pièce de théâtre déprogrammée, festivals réduits, coupes budgétaires : le secteur de la culture se dit « fébrile » après de récentes restrictions dans des municipalités Rassemblement national , justifiées par un besoin d’économies, des divergences idéologiques ou la promotion d’une culture « plus populaire ».

Mardi, le metteur en scène Alexis Michalik a dénoncé la déprogrammation de sa pièce « Passeport », récit de parcours d’exilés, attendue initialement pour février 2027 à Castres (Tarn), ville passée aux mains du RN lors des élections de mars. « Le spectacle avait pourtant été programmé, validé, intégré à la saison et figurait dans la brochure présentée au public », a-t-il dit. La pièce est jouée depuis plusieurs années « devant des publics de toute sensibilité », a fait valoir l’artiste. « Chacun est libre de l’aimer ou pas […] Mais chacun devrait aussi être libre de la voir. »

À La Flèche (Sarthe), Le Carroi, scène conventionnée avec l’État et la ville, qui organise le festival « Les Affranchis » (théâtre de rue) et « Les Appartés » (concerts gratuits), a vu fondre la part de la subvention 2026 provenant de la ville. L’équivalent de 71 000 euros sur un budget de 253 000 euros de subventions de fonctionnement, détaille son directeur Richard Le Normand, dont l’établissement avait déjà été amputé l’an passé après des coupes massives de la région Pays-de-la-Loire.

En conséquence, « Les Appartés » a été annulé et le festival « Affranchis » a failli l’être également « mais les compagnies ont tenu à venir jouer, même moins payées », poursuit Richard Le Normand, décrivant des acteurs culturels « très inquiets, extrêmement fébriles ». « Si la ville coupe encore en 2027, c’est catastrophique ».

En Camargue gardoise, à Vauvert, 12 000 habitants, le maire RN Nicolas Meizonnet élu en mars a annulé l’exposition d’un photographe local. Quelques semaines plus tard, il a refusé « de continuer à subventionner à hauteur 65 000 euros » une association de jazz, dont une partie de la programmation se déroulait dans la commune. Non loin, à Agde dans l’Hérault, un festival de cinéma a été réduit de 6 à 4 jours et des concerts gratuits amputés d’une journée. Le maire Aurélien Lopez-Liguori estime avoir hérité d’un « budget insincère » et demande des « efforts » partout, a-t-il expliqué.

L’argument économique est également brandi par le nouvel édile RN de Castres, Florian Azéma, estimant que « l’argent public » doit être « dépensé correctement ». En outre, l’élu assume une divergence idéologique au sujet de la pièce d’Alexis Michalik, qu’il n’a pas vue. Si c’est « la promotion des clandestins et […] un traitement assez particulier des forces de l’ordre », cela « ne correspond pas avec ce que j’avais défendu pendant la campagne ».

Philippe Ballard, député RN de l’Oise, a appelé mercredi à « en finir avec les pseudo-artistes qui font de la culture un instrument de propagande au service de l’idéologie immigrationniste ». À Vauvert, Nicolas Meizonnet a justifié sa décision en qualifiant le photographe local, Sylvain Brino, de « mélenchoniste convaincu ».

Autre argument avancé par un adjoint de la majorité lors du conseil municipal du 30 avril à La Flèche, la volonté d'« une culture plus populaire et qui s’adresse à plus de monde. Non pas forcément quelque chose d’un peu élitiste et parfois un peu orienté ». Nicolas Meizonnet a promis d’organiser dans les arènes de la ville de « grands spectacles de culture populaire ». Idem à Agde, où est annoncée la relance cet été d'« une fête traditionnelle autour de nos traditions occitanes et agathoises ».

« Nous ne sommes pas dupes des différentes excuses données », réagit le Syndeac (employeurs des entreprises artistiques et culturelles, premier syndicat dans le public). « Dans beaucoup de cas », cela cache « une volonté de bâillonner des artistes mais aussi d’amoindrir la diversité artistique et culturelle sur le territoire. » Le syndicat promet de sensibiliser sur ces questions lors des festivals d’été et de recenser les villes où il y aurait besoin de « judiciariser les choses ».

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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