Le Sénat a adopté dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 mai plusieurs mesures pour durcir la répression des free parties, optant notamment pour punir d'une peine de prison les participants à ces événements, dans le cadre du projet de loi Ripost du gouvernement.
Quelques jours après la tenue d'une free party organisée sur un terrain militaire près de Bourges (Cher), ces mesures visant les rassemblements musicaux illégaux promettaient des débats assez animés au Parlement, à l'image d'une proposition de loi adoptée à l'Assemblée nationale sur le sujet début avril.
La discussion a finalement été assez rapide à la chambre haute, dans un hémicycle très clairsemé, bien après minuit. Une partie de la gauche s'est néanmoins insurgée contre un arsenal répressif visant à "attaquer la jeunesse rurale" qui s'exprime lors de ces rassemblements, également qualifiés de rave parties.
Le Sénat a notamment voté pour abaisser à 250 participants le seuil au-dessus duquel une déclaration en préfecture est requise, contre 500 actuellement. Un nouveau délit pour l'organisation d'une free party, puni de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende, a également été approuvé, contre une simple contravention actuellement.
"L'exemple de la rave party du Cher a récemment démontré l'étendue des dégâts sanitaires, économiques et environnementaux que ces rassemblements peuvent provoquer. Leur organisation doit être sanctionnée avec la plus grande fermeté", a salué la rapporteure du Sénat, Lauriane Josende (Les Républicains).
Surtout, pour sanctionner les participants, le gouvernement a fait adopter le principe d'un nouveau délit passible de six mois de prison et 7.500 euros d'amende. Une mesure qui va bien plus loin que le texte voté à l'Assemblée nationale en avril, où figurait seulement une amende de 1.500 euros. Dans le texte voté au Sénat, une amende forfaitaire délictuelle (AFD) de 1.500 euros, mesure jugée plus rapide, est également proposée comme alternative aux poursuites.
"Participer à une rave party interdite, c'est faire le choix de participer à un événement qui cause des troubles majeurs à l'ordre public et empêcher les pouvoirs publics de les prévenir", a appuyé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui défend le projet de loi Ripost, un texte hétéroclite pour lutter contre différents troubles à la sécurité du quotidien.
La mesure a outré une grande partie de la gauche: "Vouloir envoyer en prison des jeunes qui veulent juste danser sur de la musique me semble totalement disproportionné", a lancé l'écologiste Thomas Dossus, dénonçant une "offensive de répression complètement aveugle de la jeunesse". Outre le Teknival près de Bourges, une autre free party, en Lozère, a fait parler ces derniers jours, plusieurs centaines de "teufeurs" se heurtant à un important dispositif de gendarmerie sur place durant le week-end.
L'ensemble du projet de loi Ripost, dont l'examen se poursuit mardi, fera l'objet d'un vote solennel le mardi 26 mai au Sénat, avant sa transmission à l'Assemblée nationale.
