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gouvernementvia L'Humanité··4 min de lecture

Deux ans de prison pour les organisateurs, création d’un délit de participation… le Sénat adopte les articles de la loi Ripost visant à réprimer les free parties

Personnalités citées :Laurent NuñezThomas DossusLætitia Saint-PaulLauriane Josende
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Le contexte

Le projet de loi Ripost a été introduit par le ministre de l'Intérieur pour renforcer la répression des free parties en France. Ce texte a été adopté par le Sénat après une première lecture à l'Assemblée nationale. Les free parties, souvent associées à des rassemblements non autorisés, sont devenues une cible de la politique sécuritaire du gouvernement.

Ce qu'il faut retenir

Le Sénat a adopté plusieurs articles du projet de loi Ripost, augmentant les peines pour les organisateurs et participants de free parties. Les organisateurs peuvent désormais encourir jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. Un nouveau délit de participation a également été créé, passible de six mois de prison et 7 500 euros d'amende. Le seuil de participants pour nécessiter une déclaration en préfecture a été abaissé à 250.

Ce que ça change

Cette loi marque un tournant dans la répression des événements culturels non autorisés, en particulier ceux liés à la musique électronique. Elle soulève des préoccupations quant à la liberté d'expression et à la criminalisation de la culture alternative. Les conséquences pourraient affecter non seulement les free parties, mais aussi d'autres événements culturels, comme les concerts associatifs.

L'article complet

Source originale sur humanite.fr

Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 mai, les sénateurs ont adopté plusieurs articles du projet de loi Ripost visant à accentuer la répression des free parties. Avec ce texte, les participants et organisateurs de ce genre d’évènement se voient menacés de peines de prison.

C’est la nouvelle obsession du gouvernement. Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 mai, les sénateurs ont adopté plusieurs mesures phares du projet de loi Ripost porté par le ministre de l’Intérieur, visant à accentuer la répression des free parties (fêtes libres). Un pas de plus vers le tout répressif, puisqu’ une proposition de loi similaire a déjà été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 9 avril.

Fort de séquences médiatiques particulièrement défavorables à ce type de mouvement – avec la tenue d’une free party géante dans le Cher sur un terrain militaire début mai puis une autre plus petite en Lozère lors du week-end de l’ascension – le camp macroniste entérine donc la volonté de punir d’une peine de prison les organisateurs et les participants. Volonté plébiscitée en séance nocturne par un Sénat dominé par la droite.

Alors que la proposition de loi défendue par la députée Lætitia Saint-Paul (Horizons), et adoptée dans l’hémicycle le 9 avril, se contentait d’une peine de prison de six mois pour les organisateurs et d’une simple contravention, le projet de loi Ripost vient corser l’addition. Le texte prévoit la création d’un délit d’organisation puni par deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Les sénateurs ont également voté pour abaisser à 250 participants le seuil au-dessus duquel une déclaration en préfecture est requise. La mesure, également brandie à l’Assemblée, est loin d’être anodine puisque le nombre de participants moyens à ce genre d’évènements est de 300.

Free parties : pourquoi les raves sont dans la ligne de mire de la droite

À gauche, le sénateur écologiste du Rhône, Thomas Dossus, a fait valoir, en vain, qu’une telle mesure aurait comme effet de nuire à d’autres types d’évènements, comme les concerts associatifs ou les fêtes de villages. « Vous proposez des peines de prison pour les organisateurs parce qu’évidemment nos prisons ont de la place pour accueillir des organisateurs de festivals de musique » , a-t-il commenté.

Mais c’est surtout du côté des participants que le projet de loi Ripost s’illustre par son caractère répressif. Le texte prévoit en effet la création d’un délit de participation passible de six mois de prison et 7 500 euros d’amende. Une mesure qui va bien plus loin que la verbalisation de 1 500 euros adoptée par l’Assemblée nationale en avril.

« Participer à une rave party interdite, c’est faire le choix de participer à un événement qui cause des troubles majeurs à l’ordre public et empêcher les pouvoirs publics de les prévenir » , a déclaré le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour défendre son projet de loi sécuritaire fourre-tout .

Une position encensée par la rapporteure du texte au Séant, Lauriane Josende (Les Républicains) qui explique que « l’exemple de la rave party du Cher a récemment démontré l’étendue des dégâts sanitaires, économiques et environnementaux que ces rassemblements peuvent provoquer » sans pour autant les chiffrer. Pour la sénatrice de droite l’organisation des free parties « doit être sanctionnée avec la plus grande fermeté » .

« Tout ceci est cyclique, on a connu plusieurs fois une augmentation de la répression de ces phénomènes, cela n’a pas endigué leur organisation » , a rétorqué Thomas Dossus en faisant référence à l’amendement Mariani de la loi de 2001 qui posait déjà les bases de la répression. Le sénateur écologiste, qui dénonce une « offensive de répression complètement aveugle de la jeunesse » , relève également une certaine hypocrisie du gouvernement à l’égard de ce mouvement culturel. Pour cause, en décembre 2025, l’ex-ministre de la Culture, Rachida Dati, avait inscrit les musiques électroniques à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel.

En résumé, pour la macronie, la musique électronique est légitime lorsqu’elle est jouée dans un club ou en cérémonie de clôture des Jeux Olympiques , mais devient répréhensible lorsqu’elle s’installe dans des champs.

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Deux ans de prison pour les organisateurs, création d’un délit de participation… le Sénat adopte les articles de la loi Ripost visant à réprimer les free parties

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