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internationalvia Le HuffPost··4 min de lecture

Donald Trump minimise la présence potentielle de mines dans le détroit d’Ormuz, mais ce n’est pas si simple

Par Tom Levy · Fondateur & directeur de la publication

Personnalités citées :Emmanuel MacronDonald TrumpCatherine Vautrin
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Le contexte

Le détroit d'Ormuz est une voie maritime stratégique pour le commerce mondial, notamment pour le transport de pétrole. Les tensions entre les États-Unis et l'Iran ont conduit à des préoccupations concernant la sécurité de cette zone, notamment en raison de la présence potentielle de mines maritimes. La France, en tant qu'acteur européen, a proposé son expertise pour des opérations de déminage.

Ce qu'il faut retenir

Donald Trump a minimisé les craintes concernant la présence de mines dans le détroit d'Ormuz, affirmant que le trafic maritime reprenait. Cependant, des experts soulignent que la situation reste préoccupante avec des mines potentiellement présentes. Emmanuel Macron a proposé une opération multinationale pour sécuriser le détroit, avec la France prête à déployer des moyens de déminage. La sécurité du détroit est cruciale pour les armateurs, qui restent prudents face à la menace de mines.

Ce que ça change

La situation dans le détroit d'Ormuz pourrait avoir des répercussions sur le commerce maritime et les prix de l'assurance maritime. La proposition d'une opération de déminage par la France et ses alliés pourrait contribuer à rétablir la sécurité dans cette zone stratégique, mais des incertitudes demeurent quant à la rapidité de la reprise du trafic maritime.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

Circulez, y a rien à voir. Donald Trump a balayé lundi les craintes sur la sécurité du détroit d’Ormuz, au lendemain de l’annonce d’un protocole d’accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, se félicitant plutôt d’une reprise du trafic sur cette voie essentielle pour le commerce mondial. « Des bateaux ont recommencé à naviguer, a indiqué le président américain, aux côtés d’Emmanuel Macron au G7 d’Évian . Ils cherchent un peu deux ou trois mines, qu’ils ont déjà trouvées d’ailleurs, mais en gros, les bateaux naviguent de nouveau » .

La télévision d’État iranienne a confirmé ce mardi 16 juin que trois de ses pétroliers et deux cargos transportant des marchandises et du bétail avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain. Un début, assure Donald Trump, avant une réouverture qu’il promet « complète » vendredi, jour où le cadre d’accord trouvé entre les États-Unis et l’Iran doit être signé en Suisse.

Mais la réalité n’est pas si simple. L’Iran est soupçonné d’avoir déposé des mines dans ces eaux hautement stratégiques, tout en entretenant le flou sur ce possible acte de guerre. La présence potentielle de ces mines, tour à tour mentionnée par de hauts responsables souvent anonymes, puis minimisée, préoccupe toujours après l’annonce de l’accord. Avec, en creux, la question de savoir quand le trafic commercial sera de nouveau sûr.

« Nous n’avons pas le fin mot de l’histoire pour l’instant, mais il semblerait qu’il puisse y avoir jusqu’à une vingtaine de mines » dans le détroit, selon David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’Iris et spécialiste du Moyen-Orient. Dans un rapport publié en 2019 , l’agence américaine du renseignement de la défense (DIA) estimait à 5000 le nombre de mines navales dans l’arsenal de l’Iran.

Les mines dont on image qu’elles se trouvent actuellement dans le détroit pourraient être, selon le spécialiste, des mines déposées au fond de l’eau, soit magnétiques — déclenchées par la masse d’un bateau qui passe —, soit acoustiques — déclenchées par le bruit des hélices et des machines. Ces mines pourraient se situer dans « les eaux territoriales émiraties et/ou omanaises » , de l’autre côté des côtes iraniennes, précise le chercheur, joint par Le HuffPost . Oman a rapporté le 30 mai avoir repéré dans ses eaux « un objet flottant suspecté d’être une mine navale » .

Vidéo à l’appui , l’armée américaine avait annoncé au mois de mars avoir détruit 16 bateaux poseurs de mines iraniens — des petites vedettes capables de naviguer à grande vitesse. Pour ce qui est du déminage, en revanche, les capacités des États-Unis sont très limitées puisque le pays a désarmé ses chasseurs de mines présents dans la zone.

Sur ce point, « l’expertise est plutôt européenne » et notamment française, note David Rigoulet-Roze. D’où la proposition, renouvelée par Emmanuel Macron au premier jour du G7 et déclinée par Donald Trump, de conduire une opération multinationale pour déminer et sécuriser la réouverture du détroit, une fois qu’un accord sera signé. La France, qui a positionné depuis mi-mai son porte-avions Charles-de-Gaulle au large de la péninsule arabique, possède deux bâtiments chasseurs de mines « prêts à se rendre sur zone » , selon la ministre des Armées Catherine Vautrin. Le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne se tiennent également prêts.

Différents dispositifs, pour reproduire le son de propulsion d’un bateau ou un champ magnétique par exemple, peuvent être utilisés pour draguer les mines de fond qui, contrairement aux mines dérivantes, c’est-à-dire flottantes, ne sont pas visibles en surface. « Il faut traiter de manière précise zone par zone et tout vérifier » , tout en assurant que les opérations se déroulent dans un environnement sûr, décrit David Rigoulet-Roze, qui estime que le déminage du détroit d’Ormuz pourrait prendre « au moins deux à trois semaines » .

D’ici là, n’en déplaise à Donald Trump, le trafic ne pourra pas revenir à son état d’avant la guerre, quand près de 20 % de la production pétrolière y transitait. « La question de la sécurité du détroit est la variable centrale pour les armateurs , note le spécialiste de l’Iran. L’idée même qu’il puisse y avoir des mines est déjà un facteur déstabilisant et inhibant pour eux » .

« Pour l’instant, nous considérons toujours qu’il est très risqué pour les navires de reprendre la route » , témoigne Jakob Larsen, responsable de la sécurité pour l’association internationale d’armateurs BIMCO, interrogé par Reuters . « Une seule mine suffit à faire des victimes » , prévient de son côté René Kofod-Olsen, PDG de V.Group , géant de la gestion d’équipages, dont 13 navires sont bloqués dans le détroit. La question de la sécurité est d’autant plus importante que le prix des polices d’assurance maritime pour franchir le détroit a fortement augmenté depuis le début de la guerre.

D’après Reuters et comme vous pouvez le voir sur l’animation ci-dessus , une quinzaine de navires ont passé le détroit quotidiennement ces dernières semaines, avec l’aval des autorités iraniennes. Bien loin des 120 à 140 bateaux qui circulaient chaque jour avant la guerre.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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