Aller au contenu principal
Toute l'actualité
immigrationvia L'Humanité··4 min de lecture

Durée maximale allongée, « injonction d’examen psychiatrique »… Le Sénat vote pour durcir la rétention des étrangers, la gauche dénonce « une surenchère sécuritaire »

Personnalités citées :Charles RodwellLaurent NuñezAntoine LéaumentElsa FaucillonHervé Reynaud
PartagerXLinkedInWhatsAppEmail

Le contexte

La proposition de loi sur les centres de rétention administrative a été portée par le député Renaissance Charles Rodwell. Ce texte vise à allonger la durée de rétention des étrangers en situation irrégulière, en réponse à des préoccupations sécuritaires liées au terrorisme. Le débat sur cette loi s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de l'immigration en France.

Ce qu'il faut retenir

Le Sénat a voté pour allonger la durée maximale de rétention administrative des étrangers à sept mois. Ce texte, soutenu par le ministre de l'Intérieur, vise à renforcer les mesures de sécurité en lien avec la lutte contre le terrorisme. La gauche et plusieurs associations dénoncent cette loi comme une surenchère sécuritaire et un amalgame entre immigration et terrorisme. Le texte doit encore passer par une commission mixte paritaire pour harmoniser les versions de l'Assemblée nationale et du Sénat.

Ce que ça change

Cette loi pourrait avoir un impact significatif sur les droits des étrangers en France, en augmentant la durée de leur détention. Elle soulève des inquiétudes quant aux abus potentiels et à la protection des droits fondamentaux. Le débat sur la sécurité et l'immigration est relancé, avec des implications pour les politiques publiques et la perception de l'immigration dans la société française.

L'article complet

Source originale sur humanite.fr

La proposition de loi sur les centres de rétention administrative (CRA), portée par le très droitier Charles Rodwell (député Renaissance), a été adopté par le Sénat, mercredi 20 mai. Tandis que le texte devrait passer par une commission mixte paritaire, la gauche dénonce unanimement un « amalgame entre immigration et terrorisme ».

Écouter cet article - réservé aux abonné·e·s

Le Sénat a conforté un système oppressif, dont le seul but est de confiner une population jugée indésirable . La chambre haute a approuvé, mercredi 20 mai, un texte sur l’allongement de la rétention administrative d’exilés en situation irrégulière et jugés dangereux.

Proposée au nom d’une soi-disant lutte antiterroriste, la loi du député Renaissance Charles Rodwell, doit maintenant passer par une commission mixte paritaire, les deux chambres du Parlement n’ayant pas abouti au même texte. Les deux versions allongent jusqu’à sept mois la durée maximale d’internement au sein de centres de rétention administrative (CRA), pour les détenus faisant l’objet d’une mesure d’éloignement du territoire et qui représenteraient une menace « réelle, actuelle et d’une particulière gravité » pour l’ordre public.

Le périmètre de ce futur régime dérogatoire, retravaillé après une censure du Conseil constitutionnel l’an dernier, fait néanmoins l’objet d’un désaccord entre députés et sénateurs. Les premiers, en accord avec le gouvernement, plaident pour cibler les exilés condamnés pour des « faits d’atteinte aux personnes » punis d’au moins trois ans d’emprisonnement.

Le Sénat a opté pour ne cibler que les crimes et certains délits punis d’au moins cinq ans de prison. Actuellement, la durée maximale de rétention est de 90 jours, ou 180 jours pour les ressortissants condamnés pour terrorisme, déjà concernés par un régime dérogatoire qui sera lui aussi étendu à 210 jours.

« Leurs témoignages révèlent ce qu’est notre société » : une psy raconte la détresse des exilés en centre de rétention

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez , a défendu la « nécessité » de ce texte, invoquant les trente-quatre attaques terroristes perpétrées depuis 2017, un chiffre « dont nous avons le devoir de tirer humblement les leçons » . Le Sénat a également encadré le cas de ressortissants étrangers placés en rétention à répétition, fixant un plafond total à 360 jours cumulés, 540 jours dans le régime dérogatoire.

Le texte comporte aussi la création d’une « injonction d’examen psychiatrique » pour les retenus « radicalisés » , soit une dénomination floue et donc un terreau fertile pour la moindre interprétation oppressive. L’ensemble du texte est vivement dénoncé par la gauche, qui fustige « une surenchère sécuritaire » . L’intérêt même des centres de rétention administrative est remis en question.

« Le bilan est très clair : les CRA servent à enfermer et sont détournés de leur finalité première, à savoir l’expulsion des personnes à bref délai, démontrant l’échec de la logique « enfermer plus pour éloigner plus » » , ont ainsi fustigé cinq associations – La Cimade , France Terre d’Asile, Forum Réfugiés, Solidarité Mayotte et l’Assfam – dans leur rapport annuel, paru mardi 19 mai.

Si l’on combine les bilans en France métropolitaine et dans les territoires d’outre-mer, 44 035 personnes ont été privées de liberté sur l’année 2025. La durée moyenne de rétention, elle, s’envole : 33,4 jours, soit un doublement en cinq ans. Plus de 2 000 personnes ont ainsi été incarcérées jusqu’au plafond maximal de 90 jours.

Rétention administrative : violences psychologiques, droits fondamentaux bafoués… un nouveau rapport sonne l’alarme

Sous couvert de répondre à l’actualité politique, comme l’a de nouveau illustré le ministre de l’Intérieur, le gouvernement déploie « trop souvent des pratiques abusives, portant atteinte aux droits fondamentaux des personnes enfermées » , résument les auteurs du rapport. « Vous suscitez et vous exploitez la peur pour des motifs politiciens , lançait Antoine Léaument, député insoumis, lors de l’explication de vote de son groupe à l’Assemblée nationale, mardi 5 mai. Car quand la peur règne, on peut gouverner par la force . »

« Vous faites un amalgame entre immigration et délinquance, entre immigration et terrorisme, et même avec la question psychiatrique , critiquait quant à elle l’élue communiste Elsa Faucillon. Certains praticiens dénoncent que, par ce texte, les politiques essaient de se défausser sur le sanitaire. » Pas de quoi faire pencher la balance. L’Assemblée nationale a adopté – en première lecture – la proposition de loi à 345 voix contre 177, malgré un non unanime du côté des groupes de gauche.

« La rétention demeure de loin l’instrument le plus efficace » , avait alors justifié Hervé Reynaud, rapporteur républicain (LR). « Si l’on souhaite éloigner les étrangers qui menacent la sécurité de nos concitoyens, il faut accepter un certain degré de contraintes » , avait-il enchaîné. Drôle d’euphémisme pour justifier le sacrifice de libertés individuelles sur l’autel d’un projet sécuritaire.

C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons chaque jour dans l’Humanité.

Face aux attaques incessantes des racistes et des porteurs de haine : soutenez-nous ! Ensemble, faisons entendre une autre voix dans ce débat public toujours plus nauséabond. Je veux en savoir plus.

Durée maximale allongée, « injonction d’examen psychiatrique »… Le Sénat vote pour durcir la rétention des étrangers, la gauche dénonce « une surenchère sécuritaire »

Texte extrait depuis l'article original sur humanite.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur humanite.fr.

Newsletter quotidienne · gratuite · sans pub

Le brief politique du matin

L'actu politique française en 3 min, sans pub ni bullshit. Vulgarisations sourcées, articles agrégés des 35 grands médias FR — chaque matin à 7h.

  • Lois du jour vulgarisées (contexte, à retenir, ce que ça change)
  • 5 articles politiques marquants, sourcés
  • Aucune pub, aucune revente, désinscription en 1 clic
Fréquence

Sans publicité. Sans revente. Désinscription en 1 clic.

Le résumé semble incorrect ou orienté ? Signalez-le via le formulaire de contact — Civiqo applique une politique de neutralité stricte : nos règles éditoriales bannissent tout vocabulaire évaluatif et toute affirmation non sourcée.