Nathalie Kosciusko-Morizet le 13 décembre 2016 à Paris - ERIC FEFERBERG / AFP
Un retour surprise. Disparue des radars depuis presque une décennies et sa sèche défaite aux législatives en 2017, l'ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet revient pour faire passer ses messages. Partie travailler aux États-Unis pendant plusieurs années, l'ex-porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2012, a annoncé ce mardi sur France inter soutenir Édouard Philippe .
Relativement discret ces dernières semaines au point d'inquiéter certains de ses proches , ce ralliement a tout d'une très bonne nouvelle pour le maire du Havre, candidat à la présidentielle depuis des mois. Ses principaux rivaux de la droite et du centre, Gabriel Attal et Bruno Retailleau ont de leur côté plutôt fait le vide autour d'eux.
Lors de son meeting à Paris samedi dernier , le patron de Renaissance n'a compté aucun poids-lourd aux premiers rangs: ni Emmanuel Macron bien sûr avec qui les relations sont glaciales, encore moins le Premier ministre Sébastien Lecornu ou la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet . Quant au numéro 1 des Républicains qui organise un grand meeting le 20 juin prochain, Xavier Bertrand et Bruno Retailleau ont déjà fait savoir qu'ils ne seront pas présents.
L'entrée dans la danse de Nathalie Kosciusko-Morizet, surnommée dans le monde politique "NKM", a donc de quoi donner le sourire à Édouard Philippe. Dans les rangs d'Horizons, on ne cache d'ailleurs pas son plaisir.
Le profil de l'ancienne ministre, plutôt iconoclaste à droite, coche des cases précieuses pour l'ancien locataire de Matignon avec son passage par le secrétariat d'État au numérique puis par le ministère de l'Écologie. Après son départ de la vie politique, l'ex-figure montante des LR est devenue cadre dirigeante de CapGemini avant de travailler dans un fonds d'investissement puis finalement de faire son arrivée ces derniers mois dans le secteur des technologies.
Bref, un parcours rare dans l'entourage d'Édouard Philippe, plutôt entouré de maires ou d'anciens collaborateurs ministériels. L'ancien chef du gouvernement a lui-même fait toute sa carrière dans l'administration à l'exception d'un rapide détour par le géant du nucléaire Areva.
L'arrivée de l'ex-ministre de François Fillon dans la course pourrait en effet bien sonner le début des ralliements pour Édouard Philippe. Sans le soutenir officiellement, l'ancien ministre et patron de la droite Jean-François Copé a expliqué début mai sur BFMTV qu'il était "le mieux placé" pour représenter la droite en 2027. Laurent Wauquiez, dubitatif face à la candidature de Bruno Retailleau , pourrait tout autant finir par le rejoindre.
Mais derrière la bonne nouvelle du ralliement de Nathalie Kosciusko-Morizet, certains s'interrogent. Espère-t-elle un poste de porte-parole dans son équipe de campagne et en cas de victoire, un maroquin ministériel voire même une arrivée à Matignon?
L'ancienne candidate à la mairie de Paris l'a pourtant juré ce mardi sur France inter , elle n'est "candidate à rien".
À droite, "NKM" ne s'est en effet pas fait que des amis. Quand elle était en charge de l'Écologie sous François Fillon, la ministre avait souvent dû se battre contre son propre camp sur les sujets environnementaux. Elle faisait également partie des rares députés de droite qui s'étaient abstenus sur la loi sur le mariage pour tous à une époque où la quasi-intégralité de son camp y était farouchement opposé.
Plusieurs de ses sorties avaient également suscité des moqueries lorsqu'elle était candidate à la mairie de Paris en 2014. "Moments de grâce" dans le métro qu'elle considère comme "un lieu de charme", pause-cigarette avec des SDF ... La presse tout comme une partie de la droite mais aussi la gauche parisienne l'avaient alors épinglé.
À Horizons, on compte surtout désormais sur elle pour enrichir le programme du candidat sur les sujets d'intelligence artificielle et plus largement de numérique qui sont, jusqu'ici, peu évoqués par le candidat. Le rôle conviendra-t-il à NKM? Impossible de le dire. Contactée, l'ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy n'a pas donné suite à nos sollicitations.
