Un apaisement des relations entre la France et l'Algérie. C'est ce que semble acter la récente visite du ministre de la Justice Gérald Darmanin à Alger , et les paroles du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, au micro de BFMTV-RMC ce mardi 19 mai.
"Les relations sont bonnes, elles sont reparties, ce sont deux grands pays qui se parlent en matière de sécurité. Les choses se réenclenchent. Bien sûr qu'il faut que ça aille plus vite, bien sûr qu'il faut que ça soit plus fort, mais les choses se réenclenchent", a-t-il assuré.
Avant d'ajouter: "Beaucoup de choses étaient au point mort. On a renoué des relations sécuritaires qui n'existaient plus."
Le ministre de l'Intérieur a insisté sur la "coopération judiciaire indispensable" entre les deux pays tant sur des enjeux migratoires, que de renseignements et de contre-terrorisme. Son homologue algérien est prochainement attendu en France: "à partir de la semaine prochaine, on va caler ce déplacement avec l'ensemble de ses directeurs de sécurité, et l'ensemble des directeurs de sécurité du ministère de l'Intérieur français".
Au lendemain de sa visite en Algérie, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, a quant à lui, dit sur Europe 1 "rêver" d'un "traité d'amitié" "un jour" entre Paris et Alger "qui respecte les deux pays". "On n'en est pas du tout là", a-t-il nuancé.
"Il faut dépasser cet accord de 1968 (...), la société était très différente (...) On n'est plus au temps du général de Gaulle", a abondé le garde des Sceaux. "Les autorités algériennes le savent."
Gérald Darmanin a également fait part d'une "reprise de la coopération judiciaire". "On ne peut pas faire sans l'Algérie, et je ne pense pas que l'Algérie puisse faire sans la France", a-t-il avancé espérant dans "les prochaines semaines, obtenir pour la première fois depuis très longtemps des extraditions".
Outre la coopération judiciaire, le ministre de la Justice a effectué une visite de deux jours à Alger, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas du journaliste sportif Christophe Gleizes, détenu en Algérie.
"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a-t-il déclaré, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tout cas (...) je lui fais confiance pour cela". Gérald Darmanin s'est également dit "très rassuré sur la façon dont Christophe Gleizes est traité" . Le journaliste français a été arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".
