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internationalvia Courrier international··2 min de lecture

Embarcations traquées, migrants attaqués : en Tunisie, une brutalité financée à bas bruit par l’Europe

Personnalités citées :Majdi Karbai
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Le contexte

La question de la migration en Méditerranée est un sujet de préoccupation croissante pour l'Union européenne, qui cherche à contrôler les flux migratoires. La Tunisie, en tant que pays de transit, a signé des accords avec l'UE pour renforcer la gestion des frontières. Les ONG dénoncent régulièrement les abus subis par les migrants dans ce pays.

Ce qu'il faut retenir

L'article met en lumière les accusations portées contre l'Union européenne concernant son soutien financier à la Tunisie pour le contrôle des frontières, en dépit des violations des droits des migrants. En 2024, l'UE aurait alloué 208 millions d'euros à la Tunisie, ce qui a conduit à une augmentation des interceptions maritimes et à des rapports de violences physiques par les gardes-côtes tunisiens. Des témoignages évoquent des collisions délibérées et des agressions contre les migrants en mer, entraînant des pertes humaines.

Ce que ça change

Cette situation soulève des questions sur la responsabilité de l'UE dans le traitement des migrants et sur les conséquences de ses politiques migratoires. Le soutien financier à la Tunisie pourrait être perçu comme une complicité dans les violations des droits humains, ce qui pourrait affecter l'image de l'UE et son engagement en faveur des droits des migrants.

L'article complet

Source originale sur courrierinternational.com

À l’heure où des ONG dénoncent depuis plusieurs années déjà le traitement réservé aux migrants subsahariens en Tunisie , l’Union européenne (UE) est accusée de fermer les yeux sur ces dérives, au nom de la lutte contre l’immigration clandestine sur son sol. C’est en tout cas ce que révèle une enquête du site d’information panarabe Al-Araby Al-Jadeed , qui parle d’une étroite coordination entre Bruxelles et Paris sur ce dossier.

Pour comprendre cette situation, il faut revenir en juillet 2023, lorsque la Tunisie signe un mémorandum avec l’Union européenne pour le contrôle des frontières en échange d’un important soutien financier.

En 2024, Bruxelles aurait consacré à la Tunisie une enveloppe de 208 millions d’euros pour “la gestion migratoire”, dont une grande partie a financé l’acquisition d’équipements pour les gardes-côtes et la police tunisienne.

L’ONG Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux affirme que plus de 66 000 migrants ont été interceptés en mer par les garde-côtes tunisiens en 2024, contre 38 372 en 2022. En mer, les récits sont concordants : une agressivité accrue des gardes-côtes, qui n’hésitent plus à traquer les embarcations, alors que des témoins parlent de courses-poursuites maritimes, de collisions délibérées avec les canots de fortune, ou encore de violences physiques.

“Notre embarcation délabrée a coulé après avoir quitté les côtes de Sfax, dans l’est de la Tunisie, en direction de l’Europe, avec à son bord 45 migrants de différentes nationalités africaines. Elle a perdu son équilibre après une collision survenue lors d’une longue poursuite menée par les unités de la garde maritime contre le bateau qui les transportait, ce qui a entraîné la mort de 23 migrants, dont une fillette de moins de 5 ans”, témoigne un survivant.

Dans un rapport dévoilé en novembre 2025, Amnesty International fait état de “manœuvres à grande vitesse provoquant de fortes vagues menaçant de renverser les embarcations”, effectuées par les gardes-côtes qui agressent les migrants avec des matraques et envoient du gaz lacrymogène à courte distance sur les personnes présentes à bord des bateaux.

Pour Al-Araby Al-Jadeed, cette passivité de l’UE envers les dérives des autorités tunisiennes vise un objectif unique, qui bafoue les droits humains : “Laisser les migrants mourir loin des frontières [européennes].”

Ancien député impliqué dans les dossiers migratoires, Majdi Karbai estime que l’Union européenne a transféré de facto à Tunis la mission de bloquer les départs vers l’espace Schengen, tout en considérant la Tunisie comme un “pays sûr” pour les migrants renvoyés.

Je suis bien contente d’avoir pu accoucher en France plutôt qu’en Suède

Texte extrait depuis l'article original sur courrierinternational.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur courrierinternational.com.

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