Suspense au Parlement français ce mercredi matin 20 mai. Les députés et sénateurs membres des deux commissions des Finances doivent se prononcer sur la nomination d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France proposée par le président Emmanuel Macron. La candidature de l’ancien secrétaire général de l’Élysée (d'avril 2025 à mai 2026) est fragilisée.
Pour repousser la nomination et infliger un camouflet à Emmanuel Macron, il faudra l'opposition des 3/5 des voix exprimées par les commissaires aux Finances du Parlement. C'est élevé, mais plus improbable puisque les socialistes voteront contre.
« Les auditions ont montré qu'Emmanuel Moulin n'était pas favorable à l'augmentation de la régulation bancaire. Sa nomination serait donc une mauvaise nouvelle pour la stabilité financière », déclare le député socialiste Philippe Brun.
Le PS grossit les rangs d'une gauche, accusant aussi le président Macron de placer des proches aux postes clés à un an de son départ du pouvoir, comme Richard Ferrand au Conseil constitutionnel ou Amélie de Montchalin au Conseil d'Etat .
« Le verrouillage des institutions, ça c'est clair », dit de la France insoumise, Éric Coquerel.
À l'extrême droite, le Rassemblement national (RN) votera également contre. Le député Jean-Philippe Tanguy instruit un procès en incompétence contre celui qui a pourtant été également directeur général du Trésor : « Je lui avais demandé à partir de combien de milliers de milliards de dettes, du fait de son incompétence, il allait démissionner de la fonction publique. Au lieu de démissionner, il veut une promotion ».
Des attaques écartées d'un revers de manche par le macroniste Pierre Cazeneuve : « Il a une expérience aujourd'hui absolument colossale. En fait, quand on travaille pour le président de la République, on ne travaille pas pour un parti, on travaille pour la France. Le procès en amitié politique est complètement caduc ».
Pour valider la nomination, le Bloc central doit toutefois compter sur l'apport des voix des Les Républicains, notamment du Sénat, où personne ne se risque à un pronostic, car le choix du président irrite certains.
