Accusé d’avoir conservé 42 000 euros issus d’une cagnotte destinée aux familles des victimes, Jean Messiha a procédé au remboursement des sommes après le dépôt de plaintes
Jean Messiha, accusé d’avoir encaissé 42 000 euros d’une cagnotte destinée aux veuves des agents pénitentiaires tués pendant l’évasion de Mohamed Amra, vient de restituer les fonds aux plaignantes, indiquent jeudi leurs avocats.
« Jean Messiha vient enfin de restituer les fonds aux veuves Moello et Garcia », expose Me Matthieu Chirez, avocat de la première, dans un communiqué. « Il est regrettable qu’il ait fallu attendre que monsieur Messiha soit mis en cause pénalement, et publiquement - en raison de la médiatisation de cette affaire - pour qu’enfin, il procède à la restitution des dons recueillis », déplore ce conseil. « Cela n’en est que plus cynique, et n’affecte en rien la réalité de l’infraction pénale dénoncée. Il devra répondre de ses actes », conclut Me Matthieu Chirez.
Me Pauline Ragot, avocate de madame Garcia, estime qu’il « est extrêmement regrettable que ce versement n’intervienne qu’après l’annonce publique du dépôt d’une plainte pénale pour abus de confiance ». « Ces faits demeurent parfaitement caractérisés et sont désormais entre les mains de l’autorité judiciaire, devant laquelle monsieur Messiha devra répondre de ses actes », insiste-t-elle.
De son côté, Me Gérald Pandelon, avocat de Jean Messiha, confirme la restitution : « Comme monsieur Messiha l’avait annoncé, il a restitué effectivement (jeudi) l’intégralité de la somme de 42 000 euros. Et, en outre, il a pu s’expliquer sur ce qui s’était produit : il n’y avait aucun élément intentionnel ni désormais matériel, attaché à cette prétendue infraction d’abus de confiance ». Il ajoute : « Mais pourtant mon client a, en 48 heures, été lynché médiatiquement. La présomption d’innocence est de plus en plus malmenée dans notre pays ».
Jean Messiha est visé par des plaintes l’accusant d’avoir encaissé 42 000 euros d’une cagnotte destinée aux veuves des agents pénitentiaires tués pendant l’évasion de Mohamed Amra en mai 2024. Sandrine Le Hay Moello, veuve de l’une des victimes, a déposé plainte pour abus de confiance contre monsieur Messiha le 21 mai à Paris, avait indiqué mercredi Me Matthieu Chirez, confirmant une information du journal « Le Parisien ». Mary Garcia, veuve de l’autre victime, a décidé de s’associer à cette démarche et a « à son tour » déposé « plainte pour abus de confiance », avait annoncé mercredi Me Pauline Ragot.
« La plateforme GoFundMe a commis une grave erreur due à des défaillances internes », avait affirmé Jean Messiha sur Facebook, soutenant que « l’intégralité de la somme indûment imputée (serait) revirée sur le compte bancaire des familles ».
