La présidente du Groupe d’action financière (Gafi) a appelé mardi à plus de coopération entre les pays pour combattre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme
Les pays ne peuvent pas se permettre de ne pas collaborer entre eux pour lutter contre le financement du terrorisme , a déclaré mardi la présidente du Gafi, organisme international chargé de coordonner ce combat. « Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n’ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer », a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris.
Le Gafi (Groupe d’action financière, basé à Paris) est un organisme international qui élabore des normes et coordonne l’action des États pour prévenir et combattre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, notamment en évaluant les systèmes nationaux et en recommandant des mesures de contrôle.
Elisa de Anda Madrazo fait ces déclarations alors que la coopération internationale et les approches multilatérales ont du plomb dans l’aile du fait du durcissement des postures des grandes puissances, notamment les États-Unis de Donald Trump, la Russie et la Chine. « Nous devons coopérer. Nous devons échanger des informations. Prenez par exemple la France et les Jeux olympiques de 2024 : plusieurs attaques terroristes ont été déjouées et stoppées grâce au renseignement financier. Nous savons donc que cela fonctionne et que cela peut dissuader les attaques. Nous n’avons pas le luxe d’arrêter », a-t-elle déclaré.
Lors de sa prise de parole au début de la réunion, le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent a réaffirmé que les États-Unis devaient être soutenus dans leur politique de sanctions contre l’Iran, un sujet qui n’est que marginalement lié à la lutte contre le financement du terrorisme, selon l’Elysée. Lors de cette 5e conférence « No money for terror », qui réunit plusieurs dizaines de délégations, l’objectif est de « continuer à travailler pour être capable de faire face aux innovations, adapter les méthodes, les outils, partager les bonnes pratiques », selon la présidence française.
Les services de renseignement constatent un éclatement de la menace terroriste, notamment djihadiste, dans un environnement marqué d’une part par l’affaiblissement des deux grandes centrales, al-Qaida et l’organisation de l’État islamique, au profit de leurs franchises territoriales, et d’autre part, par la montée en puissance de la menace intérieure, émanant de personnes isolées qui n’agissent pas nécessairement en lien avec des donneurs d’ordre en amont.
Les circuits de financement ont aussi évolué. « Le panorama que nous avons aujourd’hui est complètement différent de celui de 2018, lorsque cette conférence a commencé. À l’époque, tout était plus centralisé », rappelle Elisa de Anda Madrazo. « Aujourd’hui, nous avons de multiples cellules et une plus grande décentralisation. Mais les outils ont aussi changé. Nous avons désormais les actifs virtuels, la numérisation et une économie dont l’architecture est différente. Et la combinaison des mécanismes traditionnels et des nouvelles technologies constitue effectivement un défi ».
