La liste des prétendants à la présidence de la République ne cesse de s'allonger depuis quelques semaines. L'élection a lieu dans un an. Et l'incertitude et les divisions au sein de la gauche hors mélenchoniste favorisent la multiplication de ces candidatures, à l'instar de celle annoncée cette semaine par le maire socialiste de Saint-Ouen en région parisienne, Karim Bouamrane.
Sur France Inter, Karim Bouamrane s’est présenté comme un candidat capable de rassembler la gauche non mélenchoniste. Il rejoint une liste déjà fournie de prétendants, dont Raphaël Glucksmann, considéré comme l’un des favoris après son score de 14 % aux européennes.
Tous s’accordent sur la nécessité d’un candidat unique pour permettre à la gauche de se qualifier au second tour face au RN. Mais l’absence de leader naturel multiplie les ambitions.
François Hollande et Bernard Cazeneuve se préparent. Jérôme Guedj est officiellement candidat. Tandis qu'Olivier Faure et Boris Vallaud pourraient être tentés d'y aller, ainsi que plusieurs responsables de gauche comme Marine Tondelier, Clémentine Autain et François Ruffin, qui sont déjà sur la ligne de départ pour participer à une primaire programmée le 11 octobre.
Cette multiplication des candidatures et les hésitations du PS alimentent une impression de dispersion et de confusion à gauche.
Pour Olivier Faure , une primaire, dispositif souhaité par une majorité d'électeurs de gauche, est le meilleur moyen de désigner un candidat unique. « Si on sait que le jour J on a un mode de départage pour qu’il n’y en ait plus qu’un à la fin et que tout le monde se pliera à la décision, ça me va », explique-t-il. Mais cette stratégie est rejetée par ses principaux opposants, notamment Raphaël Glucksmann, qui mise plutôt sur sa dynamique dans les sondages.
Si sa dernière proposition d’une double primaire, d’abord interne aux sociaux-démocrates puis ouverte au reste de la gauche hors LFI, n’a pas suscité l'adhésion, les militants socialistes sont quand même invités à se prononcer le 9 juillet.
Déjà lancé dans sa quatrième campagne présidentielle et avec des sondages qui le placent déjà autour de 14 %, il met la pression sur les écologistes et les communistes pour qu’ils se rangent derrière lui. « Nous, c’est carré », aime-t-il à répéter, par opposition au chaos du reste de la gauche.
Un chaos dont se gausse aussi l’extrême droite : « Le PS, c’est un peu le calendrier de l’Avent, tous les jours on ouvre une case, il y a un nouveau candidat », ironise le vice-président du RN Sébastien Chenu, jugeant qu’à la fin ils « se rangeront derrière Mélenchon ». Même le patron du Parti radical de gauche, Guillaume Lacroix, y est allé de son commentaire, s’étonnant de ne pas avoir été invité sur France Inter pour annoncer sa « non-candidature ».
