S'il n'est pas le thème de préoccupation numéro un des Français, l'immigration apparaît régulièrement dans le top 5 des enquêtes d'opinion. Elle devrait une nouvelle fois occuper une place incontournable lors de la campagne présidentielle de 2027. Outre les sondages, il suffit de lire ou d'écouter les différents candidats : quel que soit leur bord politique, ils se positionnent tous sur le sujet, à un an du scrutin.
Comme bien souvent, les positions les plus dures se trouvent à droite et à l'extrême droite, où l'on entend faire de l' immigration un thème majeur, conformément aux attentes de leur électorat. À commencer par le Rassemblement national, où Jordan Bardella et Marine Le Pen évoquent déjà l'organisation d'un grand référendum sur le sujet en cas de victoire. Il s'agirait de sanctuariser, dans la Constitution, le fait que l'immigration relève exclusivement de la compétence nationale. S'y ajouteraient des mesures très classiques au RN : suppression du regroupement familial, instauration d'une priorité nationale pour le logement et les allocations.
Le référendum est une promesse qui a aussi la cote chez les concurrents. Bruno Retailleau, chez Les Républicains, l'a également reprise. Il dit vouloir proposer un texte limitant drastiquement l'immigration, après avoir modifié la Constitution, qui ne permet pas en l'état de convoquer une consultation sur ce sujet. Il prône aussi le rapport de force avec certains pays de départ, notamment l'Algérie, comme il l'avait fait du temps où il était ministre de l'Intérieur. Outre ces propositions, Bruno Retailleau fait partie de ces responsables politiques qui établissent publiquement un lien entre immigration et insécurité.
Il existe des positions plus radicales encore. Chez Reconquête !, on entend, comme en 2022, faire campagne sur la théorie complotiste du « grand remplacement ». Le très probable candidat Éric Zemmour compte se passer d'un référendum et vante, lui, la « remigration », c'est-à-dire le renvoi dans leur pays d'origine d'une partie des immigrés déjà présents en France . L'ancien journaliste ne parle plus d'« immigration zéro », mais d'« immigration négative ».
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Édouard Philippe s'était déjà démarqué il y a plusieurs années en suggérant d'abroger les accords de 1968 avec l'Algérie, une proposition reprise depuis par d'autres candidats de droite. Pour autant, l'ancien Premier ministre ne vante pas le rapport de force, mais la normalisation avec Alger. Il se prononce aussi pour une immigration choisie et un regroupement familial limité.
Chez Gabriel Attal, qui vient de se déclarer candidat pour Renaissance, le parti d'Emmanuel Macron, le constat est celui d'une immigration mal gérée pendant les deux quinquennats. L'ancien chef du gouvernement souhaite instaurer des quotas, estimant que l'on ne peut pas se passer totalement d'immigration, notamment face aux besoins de main-d'œuvre.
Évidemment, la perception n'est pas la même à gauche. Encore que le probable candidat Raphaël Glucksmann évoque, dans un livre à paraître , la volonté de lancer une convention citoyenne sur la question migratoire. Il entend la traiter « sans tabou », à partir de données démographiques, économiques et sécuritaires.
Comme d'autres à gauche, l'eurodéputé de Place publique estime que la gauche ne doit pas échapper à ce débat, toujours inflammable sur ce bord de l'échiquier. Illustration récente avec la prise de position d'un autre candidat : François Ruffin a mis les pieds dans le plat en meeting en se déclarant hostile à l'immigration de travail. Une position qui lui vaut des critiques acerbes d'autres formations, notamment des écologistes, mais aussi des insoumis.
La France insoumise, sans doute le parti le plus favorable à l'immigration, promet des régularisations massives de sans-papiers, la création d'un statut de réfugié climatique, ou encore la mise en place de routes migratoires en Méditerranée.
De quoi alimenter un débat qui, toutefois, ne s'est encore jamais imposé comme le grand thème d'une présidentielle . Pas sûr qu'il le devienne en 2027, face à d'autres sujets majeurs : les crises internationales, le pouvoir d'achat ou encore les retraites.
