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gouvernementvia BFM TV··5 min de lecture

"Grand classique", recasage ou volonté de "protéger les institutions" avant 2027: pourquoi la nomination de plusieurs fidèles d'Emmanuel Macron agace

Personnalités citées :Emmanuel MacronEmmanuel MoulinRichard FerrandAmélie de MontchalinJordan BardellaLaurent WauquiezBruno Retailleau
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Le contexte

Emmanuel Macron a récemment proposé Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l'Élysée, pour diriger la Banque de France. Cette nomination s'inscrit dans une série de nominations de proches de Macron à des postes clés, soulevant des questions sur l'indépendance de ces institutions. Le débat sur la légitimité de ces nominations est particulièrement pertinent à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.

Ce qu'il faut retenir

Les commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat ont validé la nomination d'Emmanuel Moulin à la Banque de France. Cette décision a suscité des critiques concernant le manque d'indépendance des institutions, avec des opposants dénonçant un recasage de fidèles de Macron. D'autres nominations, comme celles de Richard Ferrand et Amélie de Montchalin, ont également été controversées, remettant en question la tradition d'indépendance des présidents de ces institutions.

Ce que ça change

Ces nominations pourraient influencer la perception des institutions françaises et leur indépendance, surtout dans un contexte politique tendu avant les élections de 2027. Les choix de Macron visent à assurer une continuité de ses politiques, mais soulèvent des inquiétudes quant à la transparence et à l'intégrité des décisions institutionnelles.

L'article complet

Source originale sur bfmtv.com

Macron propose de nommer Emmanuel Moulin, ex-secretaire général de l'Elysée, comme gouverneur de la Banque de France. - Ludovic Marin

Emmanuel Macron peut souffler. Les commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat ont validé ce mercredi la nomination à la tête de la Banque de France d'Emmanuel Moulin , l'ancien secrétaire général de l'Élysée.

L'incertitude avait plané jusqu'au bout sur l'issue du vote, en raison des réserves de nombre de parlementaires sur la nomination de cet ancien directeur du Trésor, passé dans de nombreux cabinets sous les présidences Sarkozy et Macron, s'interrogeant sur son éventuelle indépendance.

Surtout, le choix du chef de l'État qui s'inscrit dans la suite de plusieurs nominations de proches a été vu par ses opposants comme une façon de recaser des intimes à l'approche de la fin de son dernier quinquennat. Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel en février 2025 et Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes un an plus tard, ont ainsi été propulsés pour diriger ces prestigieuses institutions.

Le phénomène n'a cependant rien de nouveau. Rien qu'au Conseil constitutionnel, les présidents successifs ont toujours été des proches du locataire de l'Élysée, que ce soit par exemple Jean-Louis Debré sous Jacques Chirac ou Alain Fabius sous François Hollande.

Le constat peut cependant se discuter. Si Emmanuel Moulin qui arrive à la Banque de France dispose du CV adéquat -ancien directeur du Trésor, ancien directeur de cabinet de Gabriel Attal à Matignon, ancien directeur de cabinet de Bruno Le Maire à Bercy- d'autres profils peut interroger.

L'arrivée de Richard Ferrand, propulsé à la tête du Conseil constitutionnel en février 2025, après avoir failli être retoqué par le Parlement, a laissé un goût amer .

Quelques semaines avant sa nomination, et alors qu'Emmanuel Macron cherche un nouveau patron pour l'institution, le numéro 1 de l'époque, Laurent Fabius, passe un message très clair. Lors d'un discours devant le Conseil constitutionnel, il appelle de ses vœux un successeur qui détienne "une expérience juridique solide", avec de "la compétence" et de "l'expérience".

Deux années de droit pendant ses études, rapporteur d'à peine deux textes à l'Assemblée en 10 ans sur les bancs de l'hémicycle... Le parcours de l'ancien président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, est loin de cocher ces cases.

Ces intimes d'Emmanuel Macron prennent la tête d'institutions qui risquent d'être sous très haute pression dans les prochaines années. Dans les allées du pouvoir, on craint l'élection d'un ou d'une candidate en 2027 qui pourrait venir remettre en cause la légitimité de ces piliers de la Ve République.

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a ainsi dénoncé en janvier 2024 "le coup de force des juges" du Conseil constitutionnel qui avait censuré en partie la loi immigration.

La droite n'est guère plus tendre. En pleine réforme des retraites, Laurent Wauquiez, alors président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, avait accusé le conseil des Sages qui venait de censurer en partie des dispositions de la loi , "d'être sorti de son lit" . "Désormais, le juge s'est mis à écarter les lois", avait tempêté l'élu LR en mars 2023.

Bruno Retailleau, alors ministre de l'Intérieur, s'était vu, quant à lui vu censurer un texte sur l'allongement de la durée de rétention pour les étrangers jugés dangereux. De quoi l'agacer, lui, qui avait déclaré que "l'État de droit" n'était "ni intangible ni sacré" quelques mois plus tot.

La parole d'Emmanuel Moulin, désormais à la tête de la Banque de France, pourrait tout autant être scrutée par les marchés que par les institutions européennes. D'autant plus dans un contexte de fort endettement de l'Hexagone et peut-être d'une nouvelle politique économique et fiscale défendue par le ou la future présidente qui gagnera l'élection en 2027.

La nomination d'Émilie Piette , secrétaire générale adjointe de la présidence, au directoire de RTE, le gestionnaire de transports d'électricité français a tout autant fait lever des sourcils en janvier dernier. Et pour cause: en cas d'arrivée du RN, le parti a déjà promis de remettre à plat le marché énergétique dans un contexte de très fortes tensions liées au contexte international.

De quoi pousser Emmanuel Macron à organiser méthodiquement la succession de ces organes quand il ne sera plus au pouvoir pour s'assurer qu'elles puissent continuer d'adopter des positions proches des siennes?

"Mais je ne sais pas si on rend service aux institutions en jetant le trouble sur un éventuel conflit d'intérêt", nuance cependant ce député.

Exemple avec l'arrivée d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes. Quelques semaines à peine après son arrivée, l'ex-ministre des Comptes publics a dû statuer sur le déficit public, les choix budgétaires du gouvernement et les politiques économiques gouvernementales, sur lesquels elle avait directement elle-même planché.

Mais l'avis rendu par les Sages n'avait cependant pas été tendre avec les troupes de Sébastien Lecornu, exhortant notamment Matignon à mettre en place "des économies structurelles d'ampleur" . Pour éviter tout conflit d'intérêt , Amélie de Montchalin avait même décidé de se retirer des débats sur le budget 2026.

En attendant, le sujet de l'indépendance n'a rien d'accessoire. Depuis le mandat de Nicolas Sarkozy, la tradition veut ainsi que les présidents de la Cour des comptes soient membres de l'opposition pour éviter de laisser planer le doute sur d'éventuels conflits d'intérêt.

En 2010, quelques mois après la mort de Philippe Séguin , c'est Didier Migaud, alors socialiste et président de la commission des Finances, qui atterrit rue Cambon pendant le mandat de Nicolas Sarkozy. Dix ans plus tard, c'est Pierre Moscovici , un très proche de François Hollande alors commissaire européen, qui lui succède sous Emmanuel Macron. La nomination d'Amélie de Montchalin a très clairement rompu avec la tradition.

"Personne ne peut dire que ce contexte de nomination est idéal, c'est le moins que l'on puisse dire", nous expliquait ainsi Marie-Anne Cohendet, professeure de droit public et spécialiste des institutions de la Ve République à l'arrivée d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, s'inquiétant d'un climat de "suspicion".

Emmanuel Macron semble également avoir définitivement enterré la pratique qui consistait lors du départ du président à transmettre une liste de collaborateurs à recaser à son successeur. Ce genre de pratique n'est en effet possible qu'en cas d'alternance entre deux forces politiques dans une atmosphère relativement cordiale.

Serait-ce crédible si le chef de l'État se retrouvait à accueillir dans son bureau Jordan Bardella ou Marine Le Pen lors de la passation de pouvoir à l'issue du second tour? Rien n'est moins sûr.

Texte extrait depuis l'article original sur bfmtv.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur bfmtv.com.

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