Il y a quelques jours, Arthur Mensch, le cofondateur de Mistral AI , était auditionné à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur les vulnérabilités du secteur numérique . Celui qui dirige l’une des seules entreprises européennes capables de faire bonne figure dans la course mondiale à l’intelligence artificielle a rappelé quelques évidences, qui ont semblé scotcher les parlementaires et les observateurs : l’IA va transformer radicalement le marché du travail, la demande d’électricité va exploser, l’Europe est incroyablement en retard.
L’audition a fait son effet sur le moment puis, plus rien. Pourtant, la vague d’innovation exponentielle que nous connaissons aujourd’hui avec l’IA, la robotique humanoïde et les biotechnologies devrait être l’éléphant dans la pièce de la campagne présidentielle. Il n’en est malheureusement rien. Evidemment, les questions relatives à l'immigration et au pouvoir d’achat sont majeures. Qui prétendrait le contraire ? Mais le sujet de l’innovation, que les dizaines de candidats en lice (misère…) semblent traiter comme un détail technique à confier à un secrétaire d’Etat, est le plus décisif pour les vingt prochaines années, alors même que l’Europe est en voie de marginalisation.
