La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a écarté, mardi 12 mai, toute « circulation diffuse » de l'hantavirus « sur le territoire national », précisant que sur les cinq Français ayant voyagé sur le bateau « MV Hondius », une femme contaminée est toujours « dans un état grave », « en réanimation ».
Publié le : 12/05/2026 - 17:28 Modifié le : 12/05/2026 - 18:37
« Les cinq ressortissants français (...) ont été rapatriés dans le cadre d'une opération sanitaire sécurisée (...) et soumis à une surveillance médicale étroite. À ce stade, quatre d'entre eux vont bien et sont testés négatifs » mais « une patiente testée positive à l' hantavirus présente une forme grave et est actuellement en réanimation dans un état grave » à Paris, a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse aux côtés de scientifiques.
« Au total, 22 cas contact ont été identifiés en France. Ils ont tous été contactés, testés, hospitalisés ou en cours d'hospitalisation et font l'objet d'un suivi sanitaire rigoureux », a ajouté Stéphanie Rist, ajoutant qu'« il n'y a pas d'éléments en faveur d'une circulation diffuse du virus sur le territoire national ».
Huit Français ayant pris l'avion le 25 avril au départ de l'île de Sainte-Hélène vers Johannesburg avec la passagère malade ont été « identifiés, testés et sont actuellement hospitalisés », a développé la ministre, notant qu'« on peut voir différents âges, dont des enfants ».
Dans le deuxième avion au départ de Johannesburg, que la passagère avait essayé sans succès de prendre vu son état de santé, « les 14 cas en France de ce vol ont été identifiés, une partie est hospitalisée, une partie est en cours d'hospitalisation », a répété Stéphanie Rist.
« Le premier vol, on ne l'a pas considéré au même niveau de cas contact que le deuxième, puisque la patiente n'a pas fait tout le vol avec. Mais on a, avec le Premier ministre, décidé de considérer que tous ces cas sont contacts. (...) On a fait un principe de précaution parce qu'on est tout au début d'une épidémie et qu'il faut briser la chaîne de transmission maintenant », a exposé la ministre de la Santé .
Ces cas contacts « vont tous être testés. Pour ceux qui ne le sont pas déjà, il faut compter à peu près 24 h pour avoir les résultats des tests. Donc dans les jours qui viennent, on aura tous les tests des 22 cas », a-t-elle assuré. Et « ils seront hospitalisés au minimum 15 jours », sachant que « l'incubation est longue », jusqu'à une quarantaine de jours. « Nous avons pris des décrets (...) on a pris les devants (...) si on a besoin de les hospitaliser ou de les laisser en isolement le temps de l'incubation. On est plutôt sur cette orientation, mais on laisse aussi les données de la science évoluer » et « nous adapterons », a déclaré Stéphanie Rist.
La Française qui est hospitalisée en réanimation présente la forme cardiopulmonaire « la plus sévère », et « un poumon artificiel, une dérivation du sang » assure son oxygénation pour, « on l'espère, passer ce cap, le temps que le poumon agressé par ce virus et les lésions de la paroi vasculaire puissent se rétablir », a indiqué mardi Xavier Lescure, infectiologue à l'hôpital Bichat AP-HP, le responsable du réseau des hôpitaux de référence pour les risques épidémiques et bactériologiques.
Emmanuel Macron a assuré mardi que la situation liée à l'hantavirus en France était « sous contrôle » du gouvernement qui a mis en place « des protocoles extrêmement rigoureux » en consultation avec les « meilleurs experts ». « Maintenant, il est important qu'il y ait une vraie coordination européenne, c'est-à-dire que les protocoles aillent vers les standards les plus exigeants qui ont été définis à très court terme, et que l' Organisation mondiale de la Santé puisse coordonner tout cela comme il se doit », a ajouté le président français lors d'une conférence de presse à Nairobi, en clôture d'un sommet franco-africain.
