Maxime Saada, a annoncé qu’il ne souhaitait plus collaborer avec les professionnels du cinéma ayant signé une pétition visant l’actionnaire de référence Vincent Bolloré.
Raymond Depardon, Juliette Binoche, Adèle Haenel, Anna Mouglalis, Blanche Gardin, Jean-Pascal Zadi… dans le viseur de Maxime Saada. Le président du directoire de Canal+ a annoncé dimanche, lors du traditionnel brunch des producteurs organisé par sa chaîne au Festival de Cannes, qu’il ne souhaitait plus que le groupe, premier financeur du cinéma français, continue de travailler avec les 600 professionnels du secteur qui ont signé la pétition « Zapper Bolloré » contre son actionnaire de référence , parue dans Libération lundi 11 mai. Ce texte est une réaction du monde de cinéma à l’affaire qui secoue le monde de l’édition, où, suite à l’éviction du patron de la maison Grasset par Vincent Bolloré le 14 avril, quelque 220 écrivains ont annoncé leur volonté de quitter cet éditeur pour ne pas être « les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias » .
« J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix. En conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition » , a lancé Maxime Saada. Selon un accord conclu en janvier 2025, le groupe Canal+ s’est engagé à allouer jusqu’à 170 millions d’euros par an au cinéma français d’ici à 2027, contre 220 millions auparavant.
Cette lettre commune, dont les signataires comptent aussi bien des comédiens et comédiennes que des réalisateurs, producteurs, exploitants de salles et techniciens, appelle à la mobilisation contre « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le 7 e art, sous l’influence du milliardaire breton ultraconservateur et du groupe Canal+, dont il est l’actionnaire majoritaire. « En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif » . La tribune s’inquiétait notamment de la volonté de Canal+ de s’emparer de la totalité du capital d’UGC, le réseau de salles de cinéma dont il a acquis 34 % en septembre.
Dans son discours, retranscris par l’Agence France-Presse (AFP), Maxime Saada a assuré que cette tribune revient à qualifier les équipes de Canal+ de « cryptofascistes » . « Eh bien, moi, je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste, la limite, pour moi elle est là » .
Dans une réaction transmise à l’AFP, le collectif Zappons Bolloré, associé à la tribune, a affirmé que la « menace » brandie par Maxime Saada confirmait leurs « craintes » . « Pouvons-nous encore croire à l’indépendance de Canal+ vis-à-vis du milliardaire d’extrême droite, contre lequel il est désormais officiellement impossible de s’exprimer ? » , a demandé le collectif.
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