Invité des "4 Vérités", Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale, a aussi défendu la proposition de son parti de baisser de 40 centimes le litre de carburant via une réduction de TVA.
Sur le plateau de "4 Vérités", Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale, défend la proposition de son parti de baisser de 40 centimes le litre de carburant via une réduction de TVA, soit environ 16 milliards d’euros par an. Il affirme qu’il est possible de réaliser d’importantes économies dans les finances publiques et refuse l’idée d’un arbitrage entre pouvoir d’achat et déficit public, estimant qu’une baisse de la consommation serait au contraire plus coûteuse pour l’économie. Interrogé sur le caractère universel de la mesure, il l’assume au nom de la simplicité et de l’efficacité, tout en évoquant des dispositifs d’équité fiscale. Il critique enfin la nomination d’Emmanuel Moulin à la Banque de France, qu’il juge révélatrice d’un possible "verrouillage des institutions" et d’un manque d’indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Gilles Bornstein : Sébastien Lecornu doit annoncer cet après-midi les aides du gouvernement pour les automobilistes. Doit-il creuser le déficit pour aider les Français ?
Jean-Philippe Tanguy : Mais vous savez, il est possible de faire beaucoup d'économies dans notre pays. La mesure que propose le Rassemblement National, effectivement, baisser de 40 centimes le litre pour les consommateurs, ça représente 16 milliards d'euros par an. C'est 1 % de la dépense publique. On estime que ces économies sont possibles et que le chantage entre le pouvoir d'achat des Français et les comptes publics n'est pas justifié. Et d'ailleurs, vous verrez, même si les mesures ne sont pas prises, il faudra quand même réaliser beaucoup d'économies, ce que le gouvernement ne fait pas.
Creuser le déficit même provisoirement, parce que vous allez me dire que vous avez des mesures pour régler le problème, creuser le déficit même provisoirement, ce n'est pas grave ?
Sincèrement, moi je pense qu'on peut réaliser des économies très rapidement, je le pense. On les propose, on les assume. D'ailleurs, la gauche nous accuse d'être austéritaires maintenant parce qu'effectivement on a un plan d'économies très fort. Donc on a la gauche qui nous accuse de vouloir faire trop d'économies. Le gouvernement, trop de dépenses, c'est sans doute qu'il y a un chemin de traverse.
Votre plan, votre façon de baisser le carburant, c'est de baisser la TVA pour tout le monde. Est-ce que vous assumez que vous permettez donc de baisser la TVA, même pour des gens comme vous et moi qui n'en ont pas besoin ? Là il y a des gens qui vont partir en week-end de Pentecôte, tout le monde, même le bourgeois entre guillemets qui partira en week-end, pourrait bénéficier sur fonds publics, sur fonds publics, de baisses de carburant dont il n'a pas besoin ?
Oui, parce qu'il faut une mesure simple, compréhensible, applicable immédiatement et vous savez très bien qu'il y a des mesures dans le programme du Rassemblement National d'équité fiscale pour rattraper ces petits avantages. Mais vous savez, ce n'est pas grand-chose effectivement pour les plus privilégiés, c'est beaucoup pour les classes moyennes et dès que vous mettez des critères, plus personne ne comprend rien, c'est la machine à gaz, l'usine à gaz pardon.
Donc on le fait pour tout le monde même ?
Absolument, mais on l'a toujours assumé et il y a d'autres mesures d'équité fiscale. Mais là, la société française a besoin d'air, elle a besoin de pouvoir respirer parce que vous parliez à juste titre du déficit. Si on rentre en récession à cause d'une baisse de la consommation, mais aussi d'anticipation de la crise, les conséquences pour les recettes fiscales et pour le déficit seront pires que la mesure de TVA qu'on propose.
Emmanuel Moulin est désormais gouverneur de la Banque de France, il n'est pas compétent pour le poste ?
Non, sincèrement je ne pense pas. Il n'est pas compétent, sincèrement je ne pense pas parce qu'il coïncide à des postes de responsabilité, notamment la direction du Trésor qui a un rôle primordial. Pour la prévision du déficit, il était responsable des fameux 40 à 60 milliards d'erreurs de prévision de recettes qui ont conduit au pire déficit de la Ve République hors crise 2022, 2023, 2024.
Est-ce que selon vous, Emmanuel Macron l'a proposé à ce poste pour vous empêcher de gouverner ou d'appliquer votre programme si par hasard vous deviez gagner les élections ?
C'est possible, c'est un peu ce qu'on se dit dans les couloirs de l'Assemblée nationale ou dans les rédactions à Paris. I
Parce que j'ai regardé les textes. Si on vous prête l'envie d'aller à Bercy, si par hasard vous gagnez... Le gouverneur propose des taux d'intérêt, c'est le gouvernement qui décide. En quoi le gouverneur de la Banque de France peut-il empêcher un gouvernement élu de gouverner ?
C'est surtout le verrouillage des institutions qui nous inquiète, c'est-à-dire qu'on a eu la Cour des Comptes où Mme de Montchalin, très proche et ministre sortante, a été à la Cour des comptes alors qu'elle est très jeune et qu'elle n'avait pas les compétences et l'indépendance requises. Au Conseil d'État, encore un très proche d'Emmanuel Macron, qui a les compétences requises, qui a un parcours de non-indépendance assez inquiétant, et maintenant la Banque de France qui endosse quand même des responsabilités sur la prévision, sur l'analyse, sur l'accompagnement des entreprises sur le terrain et des ménages.
Non, mais c'est un verrouillage des institutions et surtout, c'est une voix à Bruxelles et vous savez à quel point notre programme a aussi des enjeux de rapports de force, de renégociations d'un certain nombre de normes ou de réglementations européennes, et la voix de la France à Francfort, à la Banque centrale européenne, elle sera portée par M. Moulin, donc un très proche d'Emmanuel Macron. Et là, ça pose un problème parce qu'il peut porter une voix politique puisque, pour le coup, la politique monétaire a de fortes implications sur la politique économique et sur l'état économique de notre société. Et là, c'est inquiétant par rapport à la nomination de M. Moulin. Alors, c'est vrai qu'on est très loin des préoccupations sur le carburant, mais nous, on voulait alerter les Françaises et les Français, puis, excusez-moi, d'un point de vue démocratique. Certes, la Constitution a été respectée hier, mais il y a quand même 54 % des parlementaires qui n'étaient pas d'accord avec la nomination d'Emmanuel Moulin. Certes, ça n'empêchait pas Emmanuel Macron de le nommer, c'est la Constitution. Par contre, Emmanuel Moulin aurait pu se dire que comme il était en minorité, il aurait peut-être dû ne pas accepter le poste. Ça pose quand même un problème de morale et d'éthique publique. Quand vous êtes mis en minorité au Parlement, la moindre des choses serait de partir quand même.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
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