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electionsvia Le HuffPost··4 min de lecture

La BD de François Ruffin n’en finit plus de lui poser des problèmes

Personnalités citées :François RuffinSabrina Sebaihi
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Le contexte

François Ruffin est un député de la Somme et un candidat potentiel pour l'élection présidentielle de 2027. Sa bande dessinée, 'Picardie Splendor', a été publiée récemment et met en scène ses interactions avec des citoyens. Le débat sur la représentation et le racisme dans son œuvre a suscité des réactions au sein de la gauche.

Ce qu'il faut retenir

François Ruffin est critiqué pour sa bande dessinée qui semble déformer des événements réels, notamment une interaction avec une passagère noire et des policiers. Des accusations de paternalisme et de racisme ont été formulées à son encontre, notamment par la députée écologiste Sabrina Sebaihi. Un passager présent lors de l'incident a contesté la version de Ruffin, affirmant qu'il avait lui-même payé l'amende et que la situation était plus complexe. Ruffin a reconnu des erreurs dans sa BD et a retiré un terme controversé qu'il avait utilisé pour décrire le passager.

Ce que ça change

Cette polémique pourrait nuire à la campagne de François Ruffin à un an de l'élection présidentielle. Elle soulève des questions sur la représentation et la responsabilité des élus dans leurs discours et leurs œuvres. Les critiques pourraient également influencer la perception du public à l'égard de Ruffin et de ses positions politiques.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

Pouvait-il espérer pire lancement de campagne ? Quinze jours après la publication de sa BD Picardie Splendor , qui met en scène plusieurs de ses déplacements à la rencontre des Français, François Ruffin est englué dans une vive polémique. De nombreux responsables de gauche l’accusent de faire preuve, à travers les dessins, de paternalisme voire de racisme, telle la députée écologiste Sabrina Sebaihi qui lui rappelle que « le temps des colonies est fini » .

Un boulet dont le député de la Somme peine à se départir, à un an de l’élection présidentielle pour laquelle il se prépare. Dans l’une des pages de la BD, l’élu apparaît dans un train aux côtés d’une passagère noire qui refuse de payer la verbalisation que lui infligent deux policiers. Elle explique que son billet est valable et que l’erreur sur la gare de départ n’est pas de son fait. Selon son récit, François Ruffin se lève et décide alors de régler lui-même l’amende, demandant à un passager qui avait pris la défense de la femme de « respecter la police » .

Sauf que la scène en question n’aurait jamais eu lieu et que les choses auraient été bien différentes, selon le passager en question, qui a décidé de prendre la parole ce mercredi. Ainsi, auprès du site d’information Mizane, Félix explique que si François Ruffin est intervenu, c’est surtout parce qu’il était « pressé » que le train reparte. Et non pas parce que le racisme supposé des policiers l’aurait indigné.

Par ailleurs, le Picard apparaît dans la BD comme un sauveur grâce à qui la situation a pu être débloquée. En réalité, Félix explique que c’est lui qui a payé l’amende à la place de la dame, car François Ruffin ne se souvenait pas de son code de carte bancaire. Il a finalement proposé de le rembourser par chèque. Un détail qui « n’est pas raconté dans la BD » , regrette-t-il.

« Dans la bande dessinée, on a l’impression que c’est lui qui règle la situation » , explique Félix, pour qui François Ruffin a décidé de représenter « un Arabe qui intervient pour défendre une Noire » . « Alors que c’est juste une situation de racisme ordinaire, ou en tout cas d’abus d’autorité. Et la révolte d’un passager » . D’ailleurs, l’homme explique ne pas être Arabe : « Je suis blanc, je suis né en France, mes parents sont nés en France » .

Mieux : sur une autre page de la BD, François Ruffin bombe le torse et prend de haut cet homme qui a eu le malheur d’intervenir. Celui-ci va même jusqu’à s’excuser de s’être « un peu énervé » , baisse la tête et félicite le député d’être « intervenu ». « Pas du tout ! Il n’y a pas eu d’excuse , rectifie Félix. On a fait ce qu’on avait à faire ». Ajoutant : « Dans la BD, j’ai une attitude de soumission. Le bon blanc politique règle le problème. Mais on n’avait pas besoin de lui » .

Contrairement à ce que laisse penser la BD, le passager explique ne pas s’être « juste énervé » . « J’ai cherché une solution. J’ai payé l’amende. On a discuté, il y a eu un dialogue avec Ruffin, on a même discuté de politique. C’était beaucoup plus complexe que ce qu’il raconte » . Il reproche à la BD d’être « une caricature » . Et se demande : « Quel est l’intérêt pour un homme politique de déformer la réalité ? »

Le député de la Somme n’a pas répondu à ce témoignage mais a fait un premier pas en arrière, en retirant le qualificatif de « racisé » qu’il avait utilisé pour parler de Félix dans sa note de blog. Et a précisé : « En vrai, je me suis assis en face de lui, et nous avons discuté à égalité. » Mardi soir, François Ruffin a pris longuement la plume pour revenir sur les critiques, reconnaissant qu’il y a « des passages ratés » dans la BD.

Un héros blanc qui vient délivrer un Arabe et une Noire contraints de courber l’échine ? « Je comprends que cette image choque. Et c’est ma pleine et entière responsabilité de l’avoir laissée passer, j’en suis navré pour les personnes que j’ai blessées » , explique l’ancien reporter. Pour tenter de se justifier, François Ruffin met en avant un « antiracisme » forgé « dans les années 90 » , qu’il résume à travers la formule « Blacks, blancs, beurs ». Pas sûr que se référer à un logiciel vieux de trente ans lui permette de sortir si facilement de critiques formulées en 2026.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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