Pas une primaire, mais deux. Le patron du PS Olivier Faure entend faire trancher les militants socialistes le 9 juillet sur la stratégie pour la présidentielle , et notamment la question du départage des candidats ou prétendants de la gauche hors-LFI. Pour sortir de l’impasse , le Premier secrétaire propose une nouvelle piste : une sorte de double primaire.
La première se jouerait globalement entre les candidats membres du Parti socialiste et Raphaël Glucksmann , le leader de Place publique, au sein de l’espace « social-démocrate » . « Les militants et plus largement celles et ceux qui se reconnaissent dans l’espace de la gauche socialiste et social-démocrate seraient amenés à désigner leur candidat » , souligne l’entourage d’Olivier Faure auprès de l’AFP. Le vainqueur participerait ensuite à une deuxième primaire, ouverte, avec le « reste de la gauche démocratique et écologique » .
Ce scénario a été présenté mardi 2 juin au soir par le chef des roses à une centaine de membres de son courant. Mais la route promet encore d’être longue. « Personne ne sait s’il va être accepté par les courants opposés à Olivier Faure, mais c’est une piste qui peut faire consensus au sein du PS » , explique en ce sens un proche du Premier secrétaire, qui attend de voir aussi ce qu’en penseront Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier.
L’eurodéputé de Place publique pourrait y voir un intérêt, puisque le gagnant de la première primaire « rentrerait dans le 2e round en étant le candidat légitime du camp social-démocrate » , estime ce cadre socialiste. Quant à Marine Tondelier ou François Ruffin, cette proposition a le mérite de conserver l’idée d’un processus démocratique entre partenaires de gauche qu’ils réclament, ajoute le même.
Quoi qu’il en soit, Olivier Faure reste « déterminé à poser une stratégie qui réunit de Ruffin à Glucksmann et donne une perspective à une victoire de la gauche démocratique et écologique » , insiste son entourage. Ceci, malgré le psychodrame qui secoue son propre parti, divisé jusqu’à présent sur l’opportunité de participer à un départage commun avec les autres formations de gauche (hors LFI), sans tour de chauffe au sein du PS.
Les tensions ont culminé ces dernières semaines avec le départ de la direction du chef des députés socialistes Boris Vallaud, opposé au processus porté par les unionistes, qu’il juge contre-productif et trop étriqué sans Raphaël Glucksmann.
Reste désormais à savoir si la nouvelle idée d’Olivier Faure est susceptible de le convaincre, lui et les autres opposants. De la réponse à cette question découlera la stratégie que l’état-major des roses proposera à ses militants au début du mois de juillet. Ensuite, les choses sérieuses pourront (peut-être) commencer.
