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Le 21 janvier 1793, la toute jeune République française mettait à mort le roi Louis XVI, en le coupant en deux. La France venait de tuer son roi. Elle n’en avait pas fini avec la monarchie.
En 1957, Ernst Kantorowicz publiait sa thèse désormais célèbre sur « les Deux Corps du roi » , qui présentait le monarque en chair et en symboles, à la fois homme mortel et représentation politique du royaume.
En guillotinant Louis XVI, la France tuait l’homme Louis Capet dans l’espoir de mettre à bas le corps symbolique du roi au profit d’une République « une et indivisible » . Mais la monarchie avait encore de beaux jours devant elle.
Les authentiques moments de République parlementaire n’ont représenté que 80 années sur les 230 qui nous séparent de la Révolution. La République est restée minoritaire dans sa propre histoire.
Le récit sur la République parlementaire véhiculé par les César de tout poil, de Napoléon III à de Gaulle, imprime encore notre imaginaire collectif. Le parlementarisme y est synonyme de chaos et de chienlit. C’est pourtant sous une République parlementaire – la III e République – que la France a traversé et remporté la Première Guerre mondiale.
L’esprit monarchique est encore bien vivant aujourd’hui, sauf que le roi n’est plus de droit divin. Il est de droit électoral. On pourrait objecter que le rôle du président de la République est strictement encadré par la Constitution et par le principe de séparation des pouvoirs. C’est exact du point de vue juridique et institutionnel. Moins si on compare la puissance de l’Etat entre l’ancien régime et aujourd’hui.
Entretien « La présidentialisation et la personnalisation du régime sont le comble de l’anachronisme »
