Les organisations patronales, dans La Tribune Dimanche, appellent le gouvernement à « renouer le dialogue ».
Le gel des allègements de cotisations patronales, décidé par le gouvernement malgré la hausse du Smic de 2,4 % prévue lundi, représente une « double peine » au « pire moment pour les entreprises », dénoncent à nouveau les organisations patronales dans La Tribune Dimanche.
Le gouvernement a pris cette décision, qui devrait figurer dans un prochain décret, « sans même écouter ni recevoir les représentants de toutes les entreprises de France qui l’avaient pourtant expressément demandé », s’indignent dans une tribune les présidents du Medef, Patrick Martin, de la CPME, Amir Reza-Tofighi, de l’U2P, Michel Picon, de la FNSEA (agriculteurs), Arnaud Rousseau, de l’UDES (secteur social et solidaire) David Cluzeau, et de la Fesac (culture), Sébastien Justine.
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, avait confirmé la semaine dernière cette mesure redoutée par le patronat mais saluée par les syndicats, le gouvernement envisageant six milliards d’euros d’économies pour faire face au coût du conflit au Moyen-Orient.
Le Smic doit augmenter de 2,4 % le 1er juin, une hausse mécanique entraînée par celle de l’inflation des prix à la consommation, mais l’enveloppe budgétaire dédiée aux allègements des cotisations sociales des entreprises sur les bas salaires n’augmentera pas. Elle ne baissera pas non plus.
Faire augmenter ces allègements en même temps que le Smic aurait coûté plus de 2 milliards d’euros et profité aussi bien aux entreprises qui vont bien qu’à celles qui vont mal, avait souligné le ministre.
« Déjà confrontées aux conséquences de la guerre », les entreprises « devront donc absorber à la fois une hausse du coût du travail et une baisse mécanique des allègements » censés en limiter l’impact, dénoncent les organisations patronales.
« Et cela alors même que le taux de chômage vient de repasser au-dessus de la barre des 8 %, pour la première fois depuis cinq ans », ajoutent-elles, fustigeant « une double peine » et un « signal extrêmement préoccupant ».
« C’est le quatrième coup de rabot en trois ans. Au pire moment », martèlent les signataires de la tribune, dénonçant « un contresens économique » et « un choix politique délibéré ».
Mardi, Thierry Marx, président de l’union des métiers de l’hôtellerie-restauration (Umih), avait également alerté sur les « conséquences » de ce gel, réclamant « l’ouverture d’une concertation », dans une lettre au Premier ministre.
