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parlementvia Sud Ouest··2 min de lecture

Le Sénat vote le retour en Guyane de dépouilles d’Amérindiens exposés dans des « zoos humains » en 1892

Personnalités citées :Catherine Morin-DesaillyMax BrissonPierre OuzouliasCatherine Pégard
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Le contexte

Le Sénat français a récemment débattu de la restitution de restes humains d'Amérindiens, exposés dans des conditions indignes au XIXe siècle. Ce sujet s'inscrit dans un contexte plus large de reconnaissance des injustices historiques envers les peuples autochtones et de la nécessité de réparer ces préjudices. La proposition de loi a été soutenue par plusieurs sénateurs de différents bords politiques.

Ce qu'il faut retenir

Le Sénat a voté à l'unanimité pour le rapatriement en Guyane de dépouilles d'Amérindiens conservées au muséum d'histoire naturelle. Cette décision fait suite à une demande de l'association Moliko Alet + Po, qui souhaite offrir des funérailles dignes. Le texte, soutenu par le gouvernement, doit encore être approuvé par l'Assemblée nationale. La ministre de la Culture a salué cette initiative comme un geste de justice et d'humanité.

Ce que ça change

Cette décision marque une avancée significative dans la reconnaissance des injustices historiques envers les peuples autochtones en France. Elle ouvre la voie à d'autres restitutions de restes humains et pourrait influencer le débat sur la décolonisation des collections publiques en France.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Le Sénat a approuvé à l’unanimité le rapatriement en Guyane de restes humains conservés au muséum d’histoire naturelle, plus de 130 ans après le décès de ces Amérindiens dans des conditions indignes

« Des voix longtemps étouffées qui retrouvent leurs terres » : le Sénat a donné lundi son feu vert au rapatriement en Guyane de dépouilles d’Amérindiens conservées au muséum d’histoire naturelle, plus de 130 ans après leur mort dans les conditions indignes des « zoos humains ». Soutenue par le gouvernement, cette restitution prend la forme d’une proposition de loi transpartisane des sénateurs Catherine Morin-Desailly (centriste), Max Brisson (Les Républicains) et Pierre Ouzoulias (Parti communiste), adoptée à l’unanimité dans l’émotion.

Ces restitutions répondent à la demande de l’association Moliko Alet + Po, qui veut offrir des funérailles et une sépulture sur le sol guyanais à ces Amérindiens issus des peuples kali’nas et arawaks. Elles concernent six dépouilles et huit moulages de parties du corps des défunts. À l’heure actuelle, un tel rapatriement est impossible en raison du principe d’inaliénabilité des collections publiques. Plusieurs lois ont été votées récemment pour fixer un cadre dérogatoire à ce principe, mais elles ne concernaient paradoxalement que les demandes d’États étrangers, sans couvrir les restes humains originaires du territoire national. La démarche du Sénat, avec cette loi dite « d’espèce », est donc inédite.

L’histoire de ces autochtones est pourtant dramatique : recrutés sur de fausses promesses en Amérique du Sud, ils furent exhibés vivants dans des « zoos humains » au Jardin d'Acclimatation à Paris en 1892, et ne survécurent pas à l’hiver en raison de leurs conditions d’hébergement ignobles. Pire, leurs dépouilles furent ensuite exhumées à des fins anthropologiques à la fin du XIXe siècle. Elles ne sortiront jamais, depuis lors, des collections publiques.

« Nous parlons d’hommes et de femmes, d’êtres humains arrachés à leur terre, à leur peuple, à leur dignité », s’est émue Catherine Morin-Desailly au moment de soumettre au vote sa proposition de loi, devant une délégation guyanaise. « Ce ne sont pas seulement des restes humains qui retournent vers la Guyane, ce sont des voix longtemps étouffées qui retrouvent leurs terres, leurs fleuves, leurs forêts, leur ciel », a-t-elle ajouté, saluant « un geste de justice » et « d’humanité ».

Max Brisson a, lui, souligné « l’impérieuse nécessité de prendre conscience de la déshumanisation qui a présidé à la constitution de certaines de nos collections », lors d’une séance très solennelle au Sénat, où plusieurs parlementaires ont fait part de leur « honte » face à ces humiliations. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a salué l’adoption de ce texte qui ne pouvait plus « attendre », selon elle. Elle s’est aussi dite favorable à l’élaboration d’une loi-cadre pour « faciliter ces restitutions de restes humains en outre-mer » et répondre aux futures demandes.

Le texte doit désormais être approuvé par l'Assemblée nationale, dernière étape avant la mise en place de ces restitutions très attendues. Le calendrier d’examen reste encore inconnu à ce stade.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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