L’interdiction par le préfet de Loire-Atlantique de la rencontre annuelle des Musulmans de l’Ouest a été confirmée samedi 23 mai par la justice, a-t-on appris auprès de la préfecture et du ministre de l’Intérieur. Une décision saluée par le Premier ministre Sébastien Lecornu comme significative dans « la lutte contre l’entrisme des Frères musulmans » .
« L’arrêté d’interdiction de ce rassemblement a été confirmé par la justice. Les propos susceptibles d’y être tenus sont de nature à porter atteinte aux principes et aux valeurs de la République ainsi qu’à la cohésion nationale et à la dignité humaine » , a écrit sur X le ministre Laurent Nuñez, qui « invite chacun à respecter cette interdiction » .
Un arrêté a été pris vendredi « à la demande du ministre de l’Intérieur » par le préfet de Loire-Atlantique afin d’interdire la tenue de la rencontre annuelle des Musulmans de l’Ouest (RAMO) prévue à Nantes samedi et dimanche. Cet arrêté était motivé par « la présence d’intervenants, en particulier de cadres dirigeants des Musulmans de France, susceptibles de tenir des propos constitutifs d’infractions pénales ou portant atteinte à la dignité humaine, aux principes et valeurs de la République » , a fait savoir la préfecture sur X.
Lors de ce même événement à Nantes en 2025, un hommage avait notamment été rendu au prédicateur Hassan Iquioussen , proche des Musulmans de France, fiché S (pour sûreté de l’État) et expulsé de France en 2022, selon deux sources proches du dossier.
Les organisateurs, qui prévoyaient de réunir environ 2000 personnes, ont intenté un recours devant le tribunal administratif. En vain. Sur X, le Premier ministre a salué une décision qui « marque une étape importante dans la lutte contre l’entrisme des Frères musulmans. » « Face à l’islamisme politique, la République doit être ferme, précise et juridiquement irréprochable » , poursuit-il.
L’annulation de l’évènement a cependant été déplorée par la maire socialiste de la ville Johanna Rolland. « Si la plus grande intransigeance s’impose face à toutes formes d’intégrisme religieux, la République se doit aussi de rassembler » , a-t-elle écrit sur X, regrettant que « cette interdiction prive des milliers de citoyennes et citoyens, de famillles de confession musulmane d’un temps de rencontre et d’échanges, attendu de longue date. »
Dans un communiqué, l’Association islamique de l’ouest de la France, organisatrice de l’événement, « prend acte » de la décision du tribunal et « réaffirme son profond attachement à l’État de droit » . « L’association tient également à rappeler que cette rencontre avait pour vocation de promouvoir le dialogue, la transmission du savoir, la spiritualité et le vivre ensemble dans le strict respect des valeurs républicaines » , est-il ajouté.
