Pour la deuxième fois en quelques mois, Sophie Binet se retrouve dans le viseur de la justice. Ce lundi 25 mai, sur le plateau des 4 Vérités de France 2, la secrétaire générale de la CGT a annoncé avoir été mise en examen pour diffamation. En cause : des propos qu’elle a tenus contre l’entreprise Tefal qui, s’estimant sali, a déposé plainte. Et dans ce cas, la mise en examen est quasi-automatique.
Tout a commencé à la Fête de l’Humanité en septembre 2025. Lors d’un débat, Sophie Binet a évoqué le cas de Ourla Belaziz, une salariée de Tefal encartée à la CGT, qui avait été sanctionnée par son employeur pour avoir demandé des précisions sur les polluants éternels (PFAS) présents dans les articles de cuisine fabriqués par le groupe. Elle avait aussi interrogé sa direction sur l’impact pour les salariés. À la Fête de l’Huma, la numéro 1 de la CGT avait alors parlé de « répression patronale violente » .
Des paroles qui n’ont pas plu à Tefal. Pour Sophie Binet, l’entreprise « pratique tellement la répression syndicale qu’elle ose poursuivre la secrétaire générale de la CGT » . Rien d’étonnant à ce qu’elle ait défendu la salariée incriminée, défend-elle, puisque « la CGT alerte depuis des mois sur la dangerosité des PFAS, un composant chimique qui est utilisé pour les poêles de Tefal » . Elle dénonce aussi le fait que « Tefal essaie de bâillonner les syndicalistes qui s’expriment sur les conditions de travail ou l’impact environnemental des productions » .
Désireuse que pareille situation ne se reproduise pas, Sophie Binet lance un appel aux députés et aux sénateurs, leur demandant de s’emparer d’un texte protégeant « la liberté d’expression et la liberté syndicale » qui est, selon elle, « aujourd’hui en danger » . « On ne peut pas nous museler » . Sinon, à ce compte-là, elle pense que « la quasi-totalité des syndicalistes du pays pourraient être mis en examen » .
C’est donc la deuxième fois que Sophie Binet est mise en examen, ce qu’elle estime être « très grave » . En novembre 2025, l’organisation patronale Ethic avait déposé plainte contre la secrétaire générale de la CGT pour injure publique, estimant qu’elle était allée trop loin en assimilant certains patrons de grands groupes à des « rats qui quittent le navire ». Une expression bien connue, mais que Sophie de Menthon, la dirigeante d’Ethic, avait vu comme « un jugement de valeur négatif qui entache l’honneur et la réputation » des chefs d’entreprise.
Sophie Binet a reçu le soutien du coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard, qui dénonce une répression « indigne » . « Aujourd’hui, on poursuit des syndicalistes pour avoir dénoncé la répression syndicale qui fait rage dans de nombreuses entreprises et même dans la fonction publique » , juge-t-il. La CGT va contester aux Prud’hommes, dès « la semaine prochaine » la sanction visant Ourla Belaziz.
