L'annonce a été faite officiellement ce jeudi 28 mai par la ministre de la Santé : les médicaments Wegovy et Mounjaro seront prochainement remboursés par la Sécurité sociale, "dans certaines indications, notamment d'obésité sévère", a déclaré Stéphanie Rist au micro de TF1. Après plus d'un an de négociations, le gouvernement et les laboratoires fabricants sont finalement parvenus à un accord sur le prix de ces injections coupe-faim .
Si le taux de remboursement par l'assurance maladie a été fixé à 65 %, la ministre assure que, dans les faits, le remboursement sera de 100 % "pour la très grande majorité" des patients éligibles, en raison de comorbidités. Un million de Français pourraient bénéficier de cette prise en charge selon la ministre, qui anticipe un coût "d'environ une centaine de millions d’euros" par an pour la Sécurité sociale, une fois le déploiement complet.
Seront éligibles les personnes majeures dont "l'IMC est supérieur à 35, voire 40, et celles qui sont susceptibles d'avoir une chirurgie", a poursuivi Stéphanie Rist. Selon l'arrêté publié au Journal officiel ce jeudi, la prise en charge de Wegovy et de Mounjaro sera également conditionnée à "l'échec" des régimes précédents, et le traitement devra être pris en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique. "Considérant l’impact financier pour les dépenses d’assurance maladie, le risque de mésusage, en dehors de ses indications remboursables", seuls les médecins spécialistes de l'obésité pourront rédiger les premières ordonnances, précise le même document.
Ces traitements anti-obésité "permettent un véritable changement pour ces personnes qui ne seront plus opérées et qui auront moins de risques", a encore indiqué Stéphanie Rist, qui perçoit dans ces injections une méthode de "prévention" . Toutefois, la ministre qui se dit "plutôt favorable" à l'augmentation des franchises, avertit : "Si on veut accéder et continuer à accéder à ces traitements", il faudra "un débat de fond" sur le financement de la Sécurité sociale.
"Le remboursement de Mounjaro, médicament produit en France, marque un cap décisif pour les patients français", s’est réjoui le président de Lilly France , Marcel Lechanteur, dans un communiqué. "Derrière cette décision, il y a des patients qui attendaient depuis longtemps une réponse à la hauteur de leur maladie", a-t-il ajouté. De son côté, Mike Doustdar, le patron de Novo Nordisk qui produit le Wegovy a salué le fait que "la France est le premier pays de l’Union européenne à rembourser des traitements contre l’obésité ". L'annonce du jour "témoigne de la clairvoyance et de la maturité du système français", a-t-il ajouté.
Sur le Vieux Continent, d'autres pays comme la Suisse et le Royaume-Uni prennent déjà en charge ces traitements mais pour des durées plus limitées. Quant à la Grèce, son assurance maladie ne rembourse que le Mounjaro et le traitement ne peut excéder un an.
Ces deux médicaments sont des analogues du GLP-1, de la même famille que le très célèbre antidiabétique Ozempic. Ils reposent sur le même principe que ce dernier : imiter l’action de cette hormone intestinale afin de réguler l’appétit et de ralentir la vidange gastrique. Depuis fin 2024, ces injections amaigrissantes sont disponibles sur ordonnance dans les pharmacies françaises. Toutefois, pour la population qui n'est pas éligible au remboursement, ces traitements, qui se prennent souvent tout au long de la vie, coûtent environ 300 euros par mois , les prix étant librement fixés. Aujourd'hui, la moitié des adultes français sont en surpoids.
