Le parquet de Valence a transmis ses réquisitions définitives aux juges chargés de l’enquête sur le meurtre très médiatisé et politisé de cet adolescent dans la Drôme
Le parquet de Valence a annoncé jeudi avoir transmis ses réquisitions définitives aux juges chargés de l’enquête sur le meurtre d’un adolescent lors d’un bal à Crépol (Drôme) en 2023, qui avait enflammé la classe politique.
Le document, qui compte 290 pages, doit être « notifié à l’ensemble des parties », soit « 14 mis en examen et […] 57 parties civiles constituées » ainsi que leurs avocats, a indiqué à l’AFP le procureur Laurent de Caigny dans un communiqué.
« Lorsque ces nombreuses notifications auront été faites, je diffuserai un communiqué écrit », a ajouté le magistrat sans dévoiler la teneur de ses réquisitions. Le 12 mai, les juges qui chapeautent l’instruction sur la mort de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé lors d’une rixe en fin de bal, avaient clos leurs investigations. Les parties disposaient de quelques semaines pour adresser des observations ou formuler des demandes.
À l’issue des délais légaux, les juges rendront une ordonnance de règlement, précisant les personnes renvoyées ou non à un procès et la qualification des faits. Dans ce dossier très médiatisé, 14 hommes, dont certains étaient mineurs au moment des faits, sont mis en examen pour « homicide volontaire et tentative d’homicides volontaires en bande organisée ». Tous nient avoir porté le coup mortel.
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, des jeunes venus pour certains des quartiers populaires de Romans-sur-Isère s’étaient affrontés avec un groupe de jeunes de Crépol à l’issue du « bal de l’hiver » du village. Dans un contexte confus, les premiers avaient sorti des couteaux et blessé grièvement quatre personnes, dont Thomas Perotto, un lycéen amateur de rugby, décédé lors de son transport à l’hôpital.
Sa mort avait suscité des flots de commentaires politiques. La droite et l’extrême droite s’étaient notamment emparées du meurtre pour dénoncer une insécurité croissante dans les campagnes, venue, selon elles, des banlieues sensibles.
