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La nouvelle offre en ligne, dévoilée ce lundi 18 mai par le géant énergétique, complète le plafonnement des carburants déjà appliqué dans les stations-service du groupe.
Pris en étau entre des profits record et une pression politique croissante, TotalEnergies dégaine une nouvelle arme commerciale. Le groupe dirigé par Patrick Pouyanné annonce ce lundi 18 mai une remise de 10% sur les prix de l’électricité et du gaz pendant trois ans pour ses nouveaux clients. Une offre présentée comme un «engagement inédit» par le géant tricolore au moment où la guerre au Moyen-Orient , dont aucune issue rapide ne se profile jusqu’à présent, menace de renchérir toujours plus la facture énergétique des ménages dans les mois à venir.
TotalEnergies lance en ce début de semaine une nouvelle offre baptisée «Access», disponible uniquement en ligne, qui promet aux nouveaux clients une réduction de «10% pendant trois ans» sur le prix du kilowattheure d’électricité (hors taxes) par rapport au tarif réglementé, ainsi qu’une remise identique sur le gaz «par rapport au prix de référence» . Les clients déjà abonnés chez TotalEnergies ne bénéficieront pas automatiquement de cette baisse, même si l’entreprise assure qu’ils resteront protégés contre d’éventuelles hausses des prix. Cette annonce complète le plafonnement des carburants déjà appliqué dans les stations-service du groupe, où l’essence reste sous 1,99 euro le litre et le diesel sous les 2,09 euros, au moins jusqu’au 31 mai.
Un geste commercial bienvenu dans le contexte de forte incertitude qui pèse actuellement sur les marchés de l’énergie. Le blocage durable du détroit d’Ormuz, par où transite près d’un cinquième du pétrole et du gaz mondial, fait craindre une nouvelle envolée du gaz naturel liquéfié (GNL), alors que l’Europe et l’Asie doivent reconstituer leurs stocks avant l’hiver. Or les prix de l’électricité en Europe sont directement corrélés à ceux du gaz, en vertu du mécanisme dit de «prix marginal» du marché européen : c’est en effet la dernière centrale appelée pour satisfaire la demande sur le continent - très souvent une centrale à gaz - qui fixe le prix pour tous.
Mais ce geste commercial répond aussi à une pression politique. Depuis l’annonce de résultats trimestriels spectaculaires (+51% au premier trimestre 2026), le groupe est sous le feu des critiques de plusieurs responsables politiques, qui accusent le géant pétrolier de tirer profit de la crise géopolitique. Début mai, le premier ministre Sébastien Lecornu avait exhorté le groupe à «redistribuer d’une manière ou d’une autre» ses profits «exceptionnels» et à instaurer un « plafonnement généreux » des prix du carburant. Une critique rejetée par Patrick Pouyanné : «Ce plafonnement, nous l’avons décidé de nous-même au début de la crise» , avait-il rétorqué, affirmant être «le seul pétrolier au monde à avoir pris une telle décision» .