Candidat à l'élection présidentielle de 2027, Nicolas Dupont-Aignan, à la tête de Debout la France, revient ce 2 juin sur franceinfo sur son projet pour le pays, qu'il détaille dans son nouveau livre, "2027, La liberté ou la mort". "Il faut sortir de l'Union européenne et la reconstruire sur des bases saines", assure-t-il.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Alix Bouilhaguet : Vous êtes candidat à la présidentielle depuis près de 15 mois. Vous faites en ce moment une tournée de dédicace pour votre livre 2027, La liberté ou la mort . On dit que pour faire une campagne, il faut avoir faim. Est-ce que vous avez vraiment faim pour une quatrième aventure présidentielle ?
Nicolas Dupont-Aignan : Oui, plus que jamais. Parce que j'explique dans mon livre que notre pays n'est plus libre. Que tous les dirigeants politiques français, depuis tant d'années, ont signé des traités européens qui nous lient les mains. On est un peu comme un boxeur qui a les mains liées dans le dos et qui devrait combattre. L'industrie automobile s'effondre, les décisions sont prises à Bruxelles, le Mercosur a été signé, nos éleveurs crèvent, les frontières ne sont pas contrôlées, c'est l'anarchie migratoire. Et ce que je dis simplement, et c'est le sens de ma candidature, c'est que si on veut résoudre nos problèmes, il faut tout revoir au niveau européen, il faut sortir de l'Union européenne et la reconstruire sur des bases saines.
Mais vous n'êtes pas le seul à dire ça, il y a même un embouteillage sur ce créneau. Il y a le RN avec Marine Le Pen ou Jordan Bardella, il y a Reconquête avec Éric Zemmour et Sarah Knafo, il y a Florian Philippot, il y a vous, ça fait déjà beaucoup… Surtout que le RN, on le voit dans les sondages, plie le match, et que vous, vous ne recueillez à ce stade qu'1,5 %.
Oh, les sondages ! Vous savez, on veut un an avant, décider, - les médias ou les sondages, je ne sais pas qui d'ailleurs -, ce que ce sera. Mais les Français sont libres de voter et il y a une grande différence. C'est que moi, à la différence du RN ou d'Éric Zemmour ou de Bruno Retailleau, je leur dis ; vous allez dans une bonne direction, mais vous ne pourrez pas faire ce que vous promettez si vous ne sortez pas de l'Union européenne. Et c'est là ma différence, c'est que j'assume le fait qu'il faut reprendre notre indépendance. Et j'assume aussi le fait qu'il faut la démocratie en France, c'est-à-dire le référendum, le RIC, le référendum d'initiative citoyenne à la Suisse, car la société française est bloquée. On ne s'en sortira pas sans un électrochoc démocratique et indépendantiste, si je peux me permettre l'expression.
Il paraît quand même que Marion Maréchal œuvre en coulisses pour que vous soyez intégré aux dispositifs de campagne du Rassemblement national en vue de 2027. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous en avez envie ?
J'ai envie de dire aux Français une seule chose : si on veut traiter les problèmes, il faut reprendre notre liberté. Et je suis le seul, notamment dans ce livre, à dire comment on va reprendre notre liberté, comment on va reconstruire une Europe qui nous laisse les mains libres.
Mais est-ce que vous irez jusqu'au bout ?
Donc, ça veut dire qu'il n'y aura pas de ralliement avec le Rassemblement national avant le premier tour ?
J'irai jusqu'au bout, parce que je suis le seul à définir un projet politique sérieux pour rétablir la démocratie et le référendum en France, et pour que les Français reprennent leur voix. Je vous rappelle qu'ils ont voté "non" en 2005 et que ça a été bafoué. Je serai le porte-voix de ces Français qui ont voté non et qui veulent reprendre le pouvoir.
Vous avez rompu avec Marine Le Pen en quelque sorte en 2017. Vous reprochiez à l'époque au RN son manque de clarté, notamment, on l'a entendu, sur l'Europe. Sur les retraites, Jordan Bardella propose désormais de sortir du débat de l'âge légal, de raisonner en année de cotisation et d'introduire une part de capitalisation. Est-ce que pour vous, c'est un nouveau cafouillage ?
Je ne suis pas là pour critiquer les autres. Je suis là pour proposer une autre voie. J'ai été réélu maire de Yerres dans ma ville, en banlieue…
Mais êtes-vous d'accord avec cette proposition sur les retraites ?
Je suis pour un âge fixe, à 62 ans, je n'ai jamais changé d'avis.
Donc le RN est en train, lui, de changer d'avis ?
Je ne sais pas, mais ça ne m'intéresse pas le RN.
Vous ne voulez pas vous brouiller avec eux ?
Ce n'est pas la question de se brouiller. Est-ce qu'on peut avoir, en 2027, une campagne positive ? Moi, ce qui m'intéresse, c'est de dire aux Français : voilà mes solutions pour réindustrialiser. Je veux relocaliser un million d'emplois, c'est concret. Je veux que les éleveurs français puissent vivre, je veux annuler le Mercosur, c'est concret. Je veux rétablir les frontières, c'est concret. Je veux baisser le prix de l'électricité de 30 % en sortant du marché européen, c'est concret.
Mais ce n'est pas ça. Écoutez, je crois que ça fait suffisamment d'années que je défends la même position. Et je crois que dans notre vie politique, il y a peut-être besoin de maturité, d'expérience et de continuité. On ne va pas avoir une nouvelle élection présidentielle, je l'espère, comme un concours de beauté, comme en 2022 ou 2017. Est-ce qu'on peut parler du fond des choses ?
On va parler de ce qu'il s'est passé samedi soir, il y a une très belle victoire du Paris Saint-Germain, il y a aussi ces scènes de violence urbaine, ces images de chaos. Comment vous, vous les qualifiez ?
Ces images de chaos, tout le monde s'en offusque, mais dans nos banlieues, on le vit tous les jours. Une minorité qui trafique, qui violente, qui menace, et l'État qui recule. C'est ça, la réalité. Et donc, ce qui est arrivé au grand jour à Paris, c'est ce qu'on vit dans toute la France, toute l'année. Et il y a une seule raison. Il n'y en a qu'une, une seule : jamais de peine de prison ferme. Et j'ai lu ce matin dans un journal : "prison avec sursis" . C'est-à-dire que ceux qui trafiquaient des mortiers, qui ont agressé des policiers, n'iront pas en prison. Tant qu'on sera comme ça, il ne se passera rien et cela s'aggravera. Je demande de la prison ferme, c'est tout. C'est la seule solution.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.
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