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Rétroactif et plus généreux, le nouveau congé de naissance voulu par le gouvernement pourrait provoquer une vague d’absences simultanées dans la fonction publique.
Quand le projet de «réarmement démographique» vire au casse-tête pour l’Éducation nationale. À partir du 1er juillet prochain, les jeunes parents pourront enfin profiter de jusqu’à deux mois de congé de naissance supplémentaires , en plus des congés maternité et paternité existants. Cette mesure, promise de longue date par le gouvernement et pensée pour enrayer la chute de la natalité dans le pays, entrera en vigueur la semaine prochaine, a confirmé ce mercredi la ministre de la Santé et des Familles , Stéphanie Rist.
Bonne nouvelle pour l’ensemble des parents d’enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier et le 1er juillet 2026, le dispositif sera rétroactif. Les bénéficiaires pourront ainsi prendre ce nouveau congé de naissance jusqu’en avril 2027, a précisé la ministre. Mais du côté des employeurs, l’inquiétude monte : «Certains sont inquiets puisqu’il peut y avoir un effet cumulatif de tous les parents d’enfants nés depuis le 1er janvier» , a reconnu Stéphanie Rist lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée. À commencer par l’Éducation nationale, qui gère plus de 800.000 enseignants, et fait déjà face à une pénurie chronique de personnels dans certaines disciplines.
Selon une estimation du ministère de l’Éducation nationale rapportée par le média Politico, jusqu’à 15.000 enseignants pourraient manquer à l’appel à la rentrée 2026. Cela représenterait une hausse de 25% des besoins de remplacement par rapport à l’an dernier. Les équipes du ministre Édouard Geffray auraient même envisagé d’imposer aux professeurs un préavis de quatre mois pour demander leur congé de naissance, contre un mois pour les autres. Une piste finalement abandonnée. Tous les professeurs feront-ils valoir ce nouveau droit au même moment ? «L’impact potentiel […] est en cours d’analyse» , répond-on rue de Grenelle.
Quoi qu’il en soit, l’accumulation de six mois de naissances à l’échelle de l’Hexagone pourrait ne pas passer inaperçue dans la fonction publique, qu’il s’agisse de l’éducation, des transports ou encore des services hospitaliers. D’ici à avril 2027, des ajustements seront nécessaires pour assurer la continuité des services et le roulement des équipes. Dans le public comme dans le privé, les directions des ressources humaines auront fort à faire dans les mois à venir. Relancer la natalité a aussi un coût organisationnel, que l’État comme les entreprises devront désormais absorber.
