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electionsvia RFI — France··3 min de lecture

Nouvelle-Calédonie: le Parlement entérine une ouverture du corps électoral, à un mois des provinciales

Personnalités citées :Sébastien LecornuMarine Le PenArthur DelaporteEmmanuel TjibaouNicolas Metzdorf
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Le contexte

La Nouvelle-Calédonie est un territoire français d'outre-mer avec un statut particulier. Depuis l'accord de Nouméa de 1998, des questions sur le corps électoral et la représentation des natifs kanak sont sensibles. Les élections provinciales sont cruciales pour l'avenir politique de l'archipel, et la question de l'élargissement du corps électoral a été un sujet de tensions et de conflits dans le passé.

Ce qu'il faut retenir

Le Parlement français a approuvé un élargissement du corps électoral pour les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie. Cette décision a été prise à moins de six semaines du scrutin, avec un soutien majoritaire au sein de l'Assemblée nationale. Le texte permet à environ 10 500 natifs calédoniens, qui n'avaient pas le droit de vote, de participer aux élections. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué cette avancée comme un ajustement nécessaire du corps électoral, tout en reconnaissant les tensions qu'elle pourrait engendrer entre indépendantistes et non-indépendantistes.

Ce que ça change

Cette réforme pourrait modifier significativement le paysage politique en Nouvelle-Calédonie en permettant à un plus grand nombre de citoyens de voter. Elle pourrait également apaiser certaines tensions, mais les divisions entre les différents groupes politiques restent fortes. Le succès de cette mesure pourrait influencer les négociations futures sur l'avenir politique de l'archipel.

L'article complet

Source originale sur rfi.fr

Le Parlement a définitivement approuvé mercredi 20 mai un élargissement dans l'urgence du corps électoral pour les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, par un dernier vote de l'Assemblée nationale, à moins de six semaines du scrutin crucial pour l'archipel.

Après une adoption large au Sénat, la proposition de loi sur laquelle s'appuie l'exécutif a été approuvée par la chambre basse, avec 386 voix contre 127, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu. Le camp gouvernemental, l'alliance RN-UDR et le PS ont largement voté pour. Les insoumis, écologistes et communistes s'y sont opposés.

Saluant un « petit pas » toutefois « décisif », Sébastien Lecornu s'est ensuite réjoui sur X que « pour la première fois depuis l'accord de Nouméa de 1998, le Parlement vote un ajustement du corps électoral provincial ».

La question de l'ouverture de ce corps électoral, particulièrement sensible localement, a été l'étincelle des émeutes qui ont ravagé la Nouvelle-Calédonie il y a deux ans, faisant 14 morts et deux milliards d'euros de dégâts.

Crucial dans l'archipel, où les trois provinces concentrent beaucoup de compétences, le scrutin provincial repose sur un corps électoral « gelé », réservé aux personnes justifiant de dix ans de résidence en 1998 ainsi qu'à leurs descendants. Le périmètre de son élargissement divise indépendantistes et non-indépendantistes : les premiers craignent une dilution du vote kanak, les seconds l'exigent au nom de l'égalité devant le suffrage.

Le gouvernement s'appuyait mercredi sur un texte sénatorial, qui permet aux « natifs » calédoniens privés de droit de vote, quelque 10 500 personnes actuellement, de voter aux élections provinciales. Il s'agit pour partie de personnes nées en Nouvelle-Calédonie après 1998.

« Un petit tâtonnement supplémentaire » qui vient « réparer des erreurs de l'histoire », a estimé le député socialiste Arthur Delaporte. Ces personnes ont « pu voter aux trois consultations référendaires » en Nouvelle-Calédonie, mais sont exclues du scrutin provincial, a rappelé Sébastien Lecornu, estimant que la situation n'a « aucun sens ».

Après trois reports, les provinciales, qui devaient se tenir il y a deux ans, auront lieu le 28 juin. Et le gouvernement a fait le pari d'une modification express et limitée du corps électoral, après l'échec d'un projet de loi constitutionnel plus ambitieux. Un examen au pas de course à six semaines du scrutin, qui fait tiquer les parlementaires : « Il n'existe aucun précédent connu en France », a lancé la cheffe de file du RN, Marine Le Pen.

Le député Emmanuel Tjibaou, représentant du principal parti indépendantiste (FLNKS), a lui reproché au gouvernement de vouloir décider « sans l'avis du peuple colonisé » et dans un temps très « restreint ». Tout en assurant que sa formation n'était pas opposée à une ouverture du corps électoral, mais dans le cadre d'« un accord global ». Une position également défendue par les insoumis, communistes et écologistes. « Mais c'est aussi parce que nous (intégrons) les natifs qu'on peut avoir un accord global, et mettre tout le monde autour de la table au mois de juillet », a répondu Sébastien Lecornu, qui escompte réunir les forces calédoniennes pour des négociations après les provinciales.

Une perspective sèchement remise en question dans l'hémicycle par le député calédonien loyaliste, Nicolas Metzdorf. « L'engagement du Premier ministre (...) était de faire voter un texte qui comprenait les natifs et les conjoints », et les non-indépendantistes n'ont donc « aucun intérêt à revenir à la table des négociations », a prévenu le député. « Nous préférerons donc attendre les élections présidentielles de 2027 ».

C'était la principale inconnue du débat : le gouvernement a proposé par amendement d'ouvrir un peu plus le corps électoral, en y intégrant les conjoints unis depuis au moins cinq ans à un électeur. Une gageure, car il ne bénéficie pas du soutien de l'intégralité de ses députés, des députés MoDem et Horizons arguant que l'amendement risquait l'inconstitutionnalité, et que le Parti socialiste demandait son retrait.

Il a au final été rejeté d'un cheveu, par 164 voix contre 163, sur fond de division des groupes du camp gouvernemental, seuls les députés du parti macroniste Renaissance votant unanimement pour. Certains députés doutent d'ailleurs de la constitutionnalité de la proposition de loi, même sans les conjoints, et ce alors qu'elle sera nécessairement envoyée devant le Conseil constitutionnel, en tant que loi organique.

Sébastien Lecornu a défendu que le texte venait répondre partiellement à « une distorsion grandissante » : « Le nombre d'exclus du corps électoral représentait moins de 8% des Calédoniens en 1998. Ils représentent aujourd'hui 17 %. »

Texte extrait depuis l'article original sur rfi.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur rfi.fr.

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