Le parti d’extrême droite entend peser au Sénat, la chambre des territoires, où il ne compte que trois sénateurs. Edwige Diaz, députée de Gironde, est pressentie pour prendre la tête du groupe, si elle est élue…
O bjectif Sénat. Le Rassemblement national entend trouver la voie vers la Haute Assemblée et y devenir une voix dans une chambre représentant les territoires. La date du 27 septembre est cochée sur les calendriers des états-majors, puisque les grands électeurs (parlementaires, conseillers régionaux et départementaux, délégués des conseils municipaux) auront à charge de renouveler la moiti...
O bjectif Sénat. Le Rassemblement national entend trouver la voie vers la Haute Assemblée et y devenir une voix dans une chambre représentant les territoires. La date du 27 septembre est cochée sur les calendriers des états-majors, puisque les grands électeurs (parlementaires, conseillers régionaux et départementaux, délégués des conseils municipaux) auront à charge de renouveler la moitié des 348 sièges . Le Sénat n’a jamais constitué un objectif pour le parti d’extrême droite, qui réclamait tout bonnement sa suppression en 2014. Trois sénateurs aujourd’hui, l’objectif est de pouvoir a minima y constituer un groupe (il en faut dix). Une manière, à dix mois de la présidentielle, de transformer l’essai des municipales en capitalisant sur les dizaines de mairies décrochées en mars. Amplifier la « tache d’huile » dans le cadre de la « campagne permanente », deux concepts clés dans la stratégie électorale du RN.
Les candidats aux sénatoriales sont invités à mener une campagne de terrain pour des élections sénatoriales qui ont aussi vocation à faire sauter le cordon sanitaire qui a longtemps entouré le Rassemblement national. Le RN et l’UDR d’Éric Ciotti partiront sous le même drapeau pour optimiser les chances d’atteindre leurs objectifs. À charge pour le maire de Nice de rallier avant ou après le scrutin les déçus des Républicains À noter, une bonne partie des sièges renouvelables sont dans des zones qui, historiquement ou de manière plus récente, sont devenues des places fortes. Pour faire simple, cela représente le grand quart sud-est de la France, le Nord et quelques autres secteurs où le RN peut se permettre d’afficher ses ambitions. « Il y a une carte à jouer », expliquait Edwige Diaz, députée du Blayais et vice-présidente du parti, il y a quelques jours pour son entrée en campagne . Le RN mise sur l’implantation locale et ses élus identifiés, notamment les députés.
Il se susurre que la Girondine, très en vue au sein de l’état-major du RN, a vocation à prendre la présidence du groupe au Sénat. Avec deux objectifs : peser dans les débats menés au Palais du Luxembourg et dupliquer la ligne politique tenue à l’Assemblée nationale. À condition, il s’entend, d’être élue. En cela, la Gironde sera un témoin important de l’implantation du RN sur une terre qui lui a longtemps été hostile. Un mouvement en passe de s’inverser.
En 2020, Edwige Diaz avait obtenu 73 voix sur les 3 500 grands électeurs que compte le département de la Gironde. Au lendemain des élections municipales, le RN disposerait de 180 grands électeurs officiellement déclarés. Il faut entre 300 et 400 voix pour décrocher un siège de sénateur. Mais il faudra aussi compter sur le vivier des villes de moins de 9 000 habitants où l’étiquette passe au second plan. Un réseau de communes patiemment travaillé depuis maintenant des années par la députée du Blayais et grâce auquel elle pourrait trouver les voix manquantes qui lui permettraient d’atteindre son objectif. Ce serait une première dans la région.
